Massacre de Gatumba: les Banyamulenge saisissent la justice burundaise

Cour suprême de justice à Kinshasa, 2006.

La communauté Banyamulenge au Burundi a saisi la Cour suprême de ce pays pour s’enquérir de l’évolution de l’affaire de 160 réfugiés tués en 2004 dans un camp au Burundi. Elle demande que deux anciens chefs rebelles qui ont revendiqué l’attaque soient arrêtés. Les présumés accusés rejettent les responsabilités tandis que le procureur général de la République de ce pays assure le dossier pénal est déjà ouvert.

Les doléances de la communauté Banyamulenge à Bujumbura sont les mêmes depuis 10 ans: que les auteurs et commanditaires des assassinats des réfugiés congolais  à Gatumba en 2004 soient arrêtés  et traduits en justice.

En tête de la liste des personnalités visées se trouvent deux anciens chefs rebelles qui avaient revendiqué l’attaque.

«Monsieur Agathon Rwasa et le pasteur Habimana, comment ils peuvent restés intouchables. Nous pensons qu’il y a quelque chose qu’il se cache derrière ce silence. C’est un agenda politique. Nous pouvons demander au gouvernement de la République démocratique du Congo d’user de son influence pour la justice burundaise nous rendent justice», affirme Byabagabo Nkubana wa Gahuma, le représentant de la communauté Banyamulenge.

L’indexé Agathon Rwasa rejette en bloc toute responsabilité dans ces crimes. Il estime que cette affaire devrait être remise aux instances de la justice transitionnelle, qui sont attendues au Burundi depuis l’an 2000:

«Moi, je ne peux pas répondre des forfaits commis par quelqu’un ; qu’il soit de ma famille politique ou pas. […] Je n’étais pas sur le lieu du crime. Ça ce sont des mobiles politiques. Se ça relève de crimes de guerre, il faut que la tribunal spécial pour le Burundi soit mis sur pied.»

La délégation des Banyamulenge a remis une lettre de rappel à la Cour suprême du Burundi. Le procureur général de la République de ce pays tranquillise ces Banyamulenge. Selon lui, le dossier pénal est déjà ouvert et les enquêtes sont en cours.  Il leur demande de faire confiance en la justice burundaise.

Dans la nuit de mercredi à jeudi 14 août 2004, plus de 150 personnes de la communauté Banyamulenge avaient été massacrées dans un site du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Gatumba, au Burundi, non loin de la frontière avec la RDC. Les rebelles du Front national pour la libération (FNL) avaient revendiqué l’attaque.

Dix ans après ce massacre, les survivants et les familles des victimes continuent à réclamer justice. Ils condamnent notamment l’indifférence de la communauté internationale face à ce qu’ils qualifient de génocide.

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