La Grande Bretagne suspend son aide à la réforme de la police congolaise

Entrainement de la police à Kisangani, décembre 2010.

La Grande-Bretagne a suspendu son programme d’aide à la réforme de la police congolaise. Cette décision fait suite à la publication d’un rapport des Nations unies en octobre dernier accusant des policiers d’avoir assassiné ou fait disparaître plusieurs dizaines de personnes lors d’une opération antibanditisme à Kinshasa.

Selon ce rapport des Nations unies, des policiers congolais se sont rendus coupables de violations des droits de l’homme lors de cette opération de police, a indiqué à l’AFP une porte-parole du DFID, le service de la coopération britannique.

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La police congolaise a indiqué n’avoir pas été notifiée par écrit de la décision du DFID (Department for International Development). La décision a été communiquée à la partie congolaise au cours d’une réunion [que les Britanniques] ont eue avec le ministre de l’Intérieur Richard Muyej, a indiqué à l’AFP le colonel Pierrot Mwana-Mputu, directeur de l’information de la PNC.

Selon l’officier, cette réunion s’est déroulée juste après la publication, le 18 novembre, d’un rapport de l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) affirmant que des policiers avaient tué au moins 51 jeunes hommes et adolescents et en avait fait disparaître 33 autres lors d’une grande opération contre le banditisme menée dans la capitale congolaise de novembre 2013 à février 2014.

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La coopération britannique voulait avoir des précisions par rapport au rapport de Human Rights Watch sur ce coup de filet baptisé opération Likofi (Coup de poing en lingala) et ils ont dit que, jusque-là, ils ne sont pas convaincus de (…) la version du gouvernement, a souligné le colonel Mwana-Mputu.

Le rapport de l’ONU auquel fait référence le DFID est une autre enquête sur Likofi, réalisée par le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme en RDC (BCNUDH), et qui établissait à 41 au minimum le nombre des victimes des violences policières pendant cette opération (neuf exécutions sommaires et 32 disparitions).

Jugeant l’étude onusienne aussi malveillante que mensongère, le gouvernement a expulsé en octobre le chef du BCNUDH, Scott Campbell, avant de crier au lynchage médiatique après la publication du rapport de HRW.

Pour les Britanniques, l’avenir du programme de coopération policière en RDC sera fonction de la réponse du gouvernement de Kinshasa aux éléments contenus dans le rapport du BCNUDH.

(Avec l’AFP)

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