Attaque contre « Charlie Hebdo »: condamnations en RDC

Des dossards de presse distribués le 24/11/2011 au commissariat général de la PNC à Kinshasa par Journaliste en danger (JED). Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Au lendemain de l’attaque armée contre l’hebdomadaire satirique français « Charlie Hebdo », le gouvernement de la RDC et l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) ont exprimé leur tristesse et condamné un acte qui a coûté la vie à 12 personnes dont plusieurs journalistes et deux policiers. Sur les réseaux sociaux, les condamnations se sont également multipliées notamment dans le milieu de la presse.

Le président de l’UNPC, Kasonga Tshilunde, a exprimé sa colère, évoquant également les journalistes tués ces dernières années dans son pays.

« Je suis l’homme le plus touché par ce drame parce que vous savez que la RDC a perdu plus de 12 journalistes parce qu’ils ont écrit, parce qu’ils ont parlé. Je ne pense pas que cela puisse être le motif de tuer un journaliste, d’assassiner des journalistes parce qu’ils ont fait une caricature qui n’a pas plu », a-t-il déclaré.

Défendre la liberté d’expression

Plusieurs représentants de la presse écrite, de chaines de télévision, des radios se sont retrouvés jeudi 8 janvier à Kinshasa dans la salle du centre Wallonie- Bruxelles pour condamner l’attaque de ce magazine. Plusieurs messages lancés à cette rencontre de compassion ont tourné autour de la défense de la liberté d’expression quel que soit l’obstacle qu’adviendrait dans le travail des journalistes.

C’est un moment d’émotion auquel s’étaient associés quelques personnalités, comme Baudouin Banza Mukalayi Sungu, ministre congolais de la Culture et des Arts et l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Jean-Michel Dumond. Dans la salle tous brandissaient  l’affiche sur laquelle on pouvait lire «JE SUIS CHARLIE, solidarité avec Charlie Hebdo».

Introduit par Cathérine Brahy, responsable du Centre Wallonie-Bruxelles, le célèbre caricaturiste congolais  Kash a rendu un hommage émouvant  aux membres de Charlie Hebdo assassinés, parmi lesquels  quatre caricaturistes. Il a réaffirmé la détermination de ses pairs congolais à continuer de dessiner pour communiquer, pour s’exprimer, pour défendre la liberté d’expression, n’en déplaise à certains.

L’un des participants à cet instant d’hommages, Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l’ONG Journalistes en danger (JED), a aussi condamné l’attaque de ce magazine satirique par les ennemis de la démocratie:

«Charlie hebdo a été attaqué à cause de son travail. Cela indique bien le danger qu’encourent les journalistes quand ils font leur travail en toute liberté et indépendance. Et ce qui est arrivé en France devrait mobiliser les professionnels des médias, y compris les autorités de ce pays

« Que le terrorisme ne gagne pas »

Le gouvernement congolais a également condamné l’attaque contre « Charlie Hebdo ». Son porte-parole, Lambert Mende, regrette la mort de « ces icônes de la presse francophone ».

« Le gouvernement congolais condamne avec la dernière énergie cet acte innommable, d’une barbarie qui dépasse même l’entendement. Nous avons appris, la plupart des membres du gouvernement qui ont étudié sur le vieux continent, à aimer les dessins de Wolinski, de Cabu qui ne dessinaient pas que chez « Charlie Hebdo ». Moi je me souviens des dessins de Cabu chez Paris Match. C’est une véritable tragédie mondiale pour la presse francophone mondiale puisque beaucoup de jeunes dans nos pays se sont inspirés de la satire française », explique Lambert Mende.

Pour lui, la démocratie ne devrait pas baisser les bras. « Que le terrorisme ne gagne pas », plaide-t-il.

« Que Charlie Hebdo continue. Et que ceux qui s’inspiraient de ce style dans notre pays puissent ne pas baisser les bras », conclut le porte-parole du gouvernement congolais.

Sur les réseaux sociaux, les condamnations de cette attaque se multiplient. Certains internautes ont affiché comme photo de profil l’inscription « Je suis Charlie » qui s’est répandue hier notamment sur Twitter en soutien au journal satirique.

Le patron de la Monusco, Martin Kobler, s’est joint à ce concert de condamnations. Il a affiché « Je suis Charlie » sur son compte Twitter quelques heures après l’attaque.​

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