Affaire Filimbi: le Parlement européen appelle à la libération des activistes arrêtés

Simulation d’une arrestation par la police à Kisangani, décembre 2010.

Le Parlement européen appelle les autorités congolaises à libérer, sans condition, les deux activistes du mouvement Lucha et Filimbi en détention depuis quelques mois à Kinshasa. Il s’agit de Fred Bauma et d’Yves Makwambala, poursuivis par le tribunal de paix de Ngaliema pour attentat à la vie du chef de l’Etat, complot et trahison.

Les élus européens ont lancé cet appel, jeudi 9 juillet, et recommandent aux autorités de Kinshasa d’abandonner toutes les poursuites à l’encontre des activistes des droits de l’homme ainsi qu’à l’encontre de tout prisonnier d’opinion ou opposant politique arbitrairement arrêté.

Pour rappel, ces activistes congolais avaient été arrêtés le 15 mars dernier à Kinshasa avec les leaders des mouvements sénégalais Y’en a marre et burkinabé Balai citoyen. Ces derniers avaient été relâchés puis expulsés du pays.

Au lendemain de ces arrestations, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, avait dénoncé dans cette rencontre une “tentative de déstabilisation” des institutions de la RDC.

Le rapport de la mission d’information parlementaire sur l’affaire Filimbi (Sifflet) fait savoir, il y a un mois, que le caractère terroriste de ce mouvement n’a pas été établi.

Réponse du gouvernement

Réagissant à la recommandation du Parlement européen, le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende, a exprimé la position du gouvernement congolais qui rejette ce qu’il qualifie d’ingérence:

«Le gouvernement rejette cette ingérence inadmissible dans les affaires domestiques de la RDC, par des partenaires extérieurs qui s’octroient des compétences qui ne leur sont reconnues par aucune disposition du droit international ou des lois congolaises».

Dans ce communiqué dont une copie est parvenue à Radio Okapi, Lambert Mende a rappelé que le Parlement européen n’a pas à adresser des injonctions comminatoires aux autorités d’un pays souverain comme la RDC.

«Le gouvernement congolais exprime ses vives inquiétudes devant la mémoire sélective du Parlement européen qui tout en appelant la RDC au respect des principes démocratiques dont celui de la séparation des pouvoirs et des droits de la personne, le pousse à violer ledit principe et s’érige en protecteur de ceux qui appellent à attenter à l’intégrité physique de leurs concitoyens», a souligné le ministre de la Communication et Médias.

A l’occasion, Lambert Mende a par ailleurs invité les partenaires de la RDC au respect de sa souveraineté et à un accompagnement sincère.

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