Les cours des métaux de base en hausse, mais la RDC n’en profite pas

Des creuseurs dans une mine artisanale de cassitérites, Sud Kivu, 2006.Des creuseurs dans une mine artisanale de cassitérites, Sud Kivu, 2006.

Des creuseurs dans une mine artisanale de cassitérites, Sud Kivu, 2006.

Le cuivre se négocie actuellement sur le marché international à 9500$  la tonne.  Un plus haut pic depuis la crise financière internationale de 2008. De tous les métaux de base, le plus haut pic atteint depuis les années 90 l’est par l’étain-cassitérite qui se négocie à 31 250 $ la tonne. Mais, la RDC qui fait partie des grands pays producteurs des minerais de base ne semble pas tirer profit de cette conjoncture favorable.

Plusieurs raisons justifient cette hausse, concernant particulièrement l’étain-cassitérite. Parmi ces raisons, l’absence des stocks de la RDC sur le marché mondial, depuis que le président de la République a suspendu l’exploitation des minerais à l’Est du pays, principal foyer minier de l’étain et ses dérivées dont le wolframite et la cassitérite.

La mesure de Joseph Kabila était visait à mettre un peu de l’ordre dans ce secteur.

La levée de cette mesure était conditionnée par la mise en application d’un certain nombre de mesures qui visaient la relance de l’exploitation des petites mines et/ou industrielle.

Il fallait améliorer la traçabilité et la certification d’une part, et d’autre part renforcer la gouvernance et la sécurité.

En ce qui est de la traçabilité et de la certification, en août  2010, le président américain avait publié la loi sur le conflit minéral, dans laquelle il fallait que les entreprises qui exploitent la cassitérite et l’étain puissent déclarer la provenance de leurs minerais avant d’être côté à la bourse américaine.

Mais pour ce qui est de la gouvernance et la sécurité, le ministère des Mines devait travailler de concert avec les autres ministères, notamment de l’Intérieur et Décentralisation.

Malheureusement, toutes ces mesures ne sont pas respectées.

Ce qui engendre des manque-à-gagner pour le pays, alors que la RDC aurait pu profiter de la hausse des prix de ces matières premières sur le marché mondial.

La situation profite beaucoup plus aux fraudeurs, au détriment, d’abord, des opérateurs économiques du secteur qui ne peuvent pas exporter les stocks qu’ils ont, ensuite de l’Etat congolais, dont la perception des taxes et redevances minières a sensiblement baissé.