Petit commerce en RDC: les expatriés continuent de braver l’interdiction, selon les syndicats

Une vue des commercants et clients au Marché Municipal de Matete (Kinshasa/RDC), Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

Le ministre de l’Economie et Commerce, Jean Paul Nemoyato, a tenu, ce mercredi 25 juillet à Kinshasa, une réunion d’évaluation de la mesure interdisant aux expatriés de pratiquer le petit commerce en RDC. Les différents syndicats de vendeurs ont relevé que cette mesure n’était pas respectée et se sont interrogés sur les sanctions que prendrait le gouvernement contre les récalcitrants après expiration de son ultimatum aux expatriés.

Jean Paul Nemoyato a affirmé que le moratoire de 30 jours publié, le 22 juin dernier, avait «un but pédagogique». Il consistait à approcher les operateurs économiques expatriés et leur expliquer la loi régissant ce secteur en RDC.

Il s’est ainsi rendu compte que la plupart des commerçants expatriés qui exercent le petit commerce n’étaient pas au courant de cette loi. Il s’avère nécessaire de définir en termes clairs pour chaque produit ce qu’on entend par gros, demi gros et détail, a-t-il poursuivi.

La législation congolaise définit le petit commerce comme toute entreprise de production ou de commercialisation n’employant pas plus de dix ouvriers et ne disposant pas de machines de production automatique ou semi-automatique.

Mais toute vente en détails ne relève pas forcément du petit commerce, la marge bénéficiaire étant aussi un élément pris en compte dans cette classification.

Ainsi, un commerçant étranger qui vend en gros et en détails les bouteilles d’eau purifiée, par exemple, ne se livre pas au petit commerce dans la mesure où le prix unitaire du produit proposé équivaut au prix du même produit lorsqu’il est vendu en gros. Il a la même marge bénéficiaire que lorsqu’il vend ces bouteilles en gros.

En outre, les étrangers sont autorisés à œuvrer dans la vente au détail dans les secteurs de:

  • Pièces de rechange
  • Supermarchés
  • Transports aérien, maritime, fluvial
  • Hôtellerie

Tout en précisant que le moratoire avait pris fin effectivement le 22 juillet, le ministre Nemoyato a institué une commission chargée d’élaborer «une nomenclature claire et opposable à tous», pendant dix jours à partir de mercredi.

Il a expliqué à la centaine de vendeurs congolais présents à la réunion d’évaluation de sa mesure que l’institution de cette commission ad hoc constituait une mesure d’accompagnement nécessaire, vue que les autres moratoires accordés par ses prédécesseurs comportaient plusieurs faiblesses.

Ces vendeurs ont, à plusieurs reprises, organisé des manifestations pour réclamer l’exclusivité du petit commerce. En juillet de l’année dernière, tous les marchés de Kinshasa n’avaient pas ouvert pendant 24 heures. Réunis autour de leurs organisations syndicales, les vendeurs étaient descendus dans la rue avant de déposer un mémo auprès de l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito pour réclamer l’exclusivité de l’exercice du petit commerce.

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