FRANCE : François Fillon, déjà dans l'après-Sarkozy? - Libération.fr

ANALYSE En déclarant que les syndicats «sont nécessaires au fonctionnement de l’économie française», le Premier ministre est accusé par l’UMP de jouer la défaite et de se chercher des alliés.

Par ALAIN AUFFRAY
Autant que l’exaltation des frontières et de la menace communautariste, la mise en cause des corps intermédiaires par Nicolas Sarkozy met à rude épreuve les représentants de l’aile «sociale» de la droite. A commencer par son Premier ministre François Fillon, tenté de faire entendre sa propre musique en se désolidarisant de plus en plus clairement des attaques du candidat contre les syndicats.

Lundi matin, veille de la «vraie fête du travail» et du rassemblement géant promis par l’UMP, les deux têtes de l’exécutif se sont contredites publiquement, comme rarement depuis le début du quinquennat. Tandis que Nicolas Sarkozy , sur France 2, fustigeait la CGT, qui «trahit la cause du syndicalisme» en appelant à voter contre lui, François Fillon confiait, sur RTL, ne pas aimer «qu’on critique les syndicats en tant que tels» car ils «sont nécessaires au fonctionnement de l’économie et du système social français». Comme on lui faisait remarquer que cette remarque pouvait apparaître comme une critique des déclarations du président-candidat, il ajoutait que c’était là l’«opinion» qu’il a «toujours défendue» et que «personne ne sera surpris [qu’il] la défende à nouveau».

De fait, dans une interview aux Echos, Fillon disait vendredi son «profond respect pour les organisations syndicales», singulièrement pour la CFDT avec qui il s’honore «d’avoir conclu un accord sur la réforme des retraites en 2003». A travers la réforme de la représentativité syndicale de 2008, il estime en outre avoir fait progresser le dialogue social «de manière considérable». «Je suis absolument convaincu de la nécessité d’avoir des organisations syndicales puissantes, modernes et réformatrices avec lesquelles on puisse travailler», concluait-il vendredi. Le soir même, entouré de nombreux élus centristes, il prononçait au Mans un discours de soutien au candidat Sarkozy, sans mentionner le rassemblement de la place du Trocadéro. Lire plus sur Libération.fr