RDC: terminus pour Ntaganda, alias Terminator -Jeune Afrique

Il a été de tous les mouvements rebelles avant de rejoindre l’armée congolaise… Mais sous la pression internationale, Kabila a dû se résoudre à lâcher Bosco Ntaganda.

Il n’y a pas si longtemps, Bosco Ntaganda paradait dans les meilleurs restaurants de Goma, dans le Nord-Kivu. Aujourd’hui, l’ancien chef rebelle, catapulté en janvier 2009 général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), est traqué avec son dernier carré de fidèles.

« Sous la pression de l’armée congolaise, il a battu en retraite depuis son fief, dans le Masisi, avant de traverser la frontière rwandaise durant la nuit du 6 mai », assure un spécialiste de la région. Kigali dément. Selon les autorités militaires à Kinshasa, il serait toujours sur le territoire congolais.

Peut-être aux côtés du colonel Sultani Makenga, un autre officier des FARDC, qui a fait défection le 3 mai dernier et qui s’est retranché dans le territoir de Rutshuru. Mais où qu’il soit, celui qui est surnommé Terminator est pris dans une sorte de souricière.

Chute

Cette chronique d’une chute annoncée débute le 14 mars lorsque  l’ancien ceh rebelle Thomas Lubanga reconnu coupable de crimes de guerre - perpétrés en 2002 et 2003 en Ituri - par la Cour pénale internationale (CPI).  À l’époque, Bosco était aux côtés du leader de l’Union des patriotes congolais (UPC). Il est d’ailleurs sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis août 2006.

« Durant le procès de Lubanga, des témoignages ont précisé le rôle de Ntaganda dans les violences commises en Ituri. Cela a accentué la pression sur Kinshasa, qui le protégeait », explique un fonctionnaire international en poste en RD Congo. Il fait allusion à l’accord de paix conclu le 26 janvier 2009 avec le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), durant l’opération de pacification menée conjointement par les armées congolaise et rwandaise dans les deux Kivus.

En 2005, Bosco avait rejoint ce mouvement rebelle dirigé alors par Laurent Nkunda. Quelques jours avant la signature de l’accord, c’est lui qui a fomenté, avec d’autres commandants, le putsch contre Nkunda, capturé ensuite au Rwanda où il est toujours en résidence surveillée. Depuis, le CNDP est devenu un parti politique, et ses hommes ont été intégrés au sein des FARDC. Et leur chef, nommé général, s’est retrouvé commandant des opérations militaires dans les deux Kivus. La suite sur jeuneafrique.com