De Kolwezi à Lubumbashi, c’est dans l’arc cuprifère que se situent les plus grands gisements. L’attribution des concessions a été entièrement revue, majors et juniors se bousculent, de nouveaux sites entrent en exploitation et, depuis 2010, la production décolle au Katanga. Presque comme au bon vieux temps.
Et si le Katanga renouait avec la glorieuse époque des années 1970-1980, durant lesquelles la flamboyante Générale des carrières et des mines (Gécamines) produisait à elle seule 500 000 tonnes de cuivre par an ? Et si la province du Sud redevenait l’un des coeurs miniers de la planète avec sa fameuse copper belt (« ceinture de cuivre ») reliant les villes de Lubumbashi, Likasi et Kolwezi, le long de la frontière zambienne ? Et si la profitait enfin de son incroyable pactole géologique (10 % des réserves mondiales de métal rouge et 34 % de cobalt) ? Sans sombrer dans un optimisme béat, il est aujourd’hui possible d’envisager un tel scénario. Les chiffres disponibles sont encourageants et semblent étayer l’argumentaire de ceux qui estiment que les turbulences générées par la « revisitation » des contrats miniers et l’arrivée tonitruante des Chinois, entre 2007 et 2009, sont en phase d’accalmie.
« Cette revisitation était nécessaire, car il était impossible de continuer à dénoncer les fraudes fiscales et les contrats léonins sans rien faire pour remettre de l’ordre dans le secteur, explique a posteriori Matata Ponyo Mapon, ex-ministre des Finances, désormais Premier ministre. Elle a été menée de manière correcte et permet aujourd’hui aux opérateurs de développer leurs activités. » À l’égard des Canadiens de First Quantum, dont le permis à Kolwezi a été résilié en août 2009 et repris depuis par le kazakh Eurasian Natural Resources Corporation (ENR), le verdict du ministre est sans appel : « Ils ont traité avec mépris les autorités du pays et heurté la souveraineté congolaise. »
Mégaprojets
D’autres ont été plus habiles. À 175 km au nord de Lubumbashi, le site de Tenke Fungurume Mining (TFM) donne le tournis : c’est un royaume d’une centaine de collines, à l’est de Kolwezi, formant les mines de Kwatebala et de Tenke-Sefu-Fwaulu, auxquelles s’ajoutent deux usines de transformation du cuivre et du cobalt. Exploité par l’américain Freeport-McMoRan Copper & Gold (56 %), son compatriote Lundin Mining (24 %) et la Gécamines (20 %), le projet dépasse les prévisions initiales.
Avec des réserves de cuivre dépassant les 155 millions de tonnes, la production, prévue pour une quarantaine d’années, a atteint 120 300 t de cuivre (soit 40 % du total national) et 9 200 t de cobalt dès 2010, alors que la capacité de production des usines était seulement de 115 000 t de cuivre et de 8 000 t de cobalt. Pour 2012, la production attendue est de 131 500 t de cuivre. Un nouvel investissement de 850 millions de dollars (652,5 millions d’euros) a été annoncé en novembre 2011 et la production doit doubler d’ici à 2013. « Cette prochaine phase de développement va créer de la valeur pour les actionnaires et avoir un impact économique et social positif sur la RD Congo », assure le PDG de Lundin Mining, Paul Conibear. Tenke Fungurume emploie 3 000 personnes et a déjà versé à l’État congolais 331 millions de dollars depuis 2006. Lire l’article sur Jeuneafrique.com








