Durant son court mandat de sénateur, Barack Obama a vu promulguées deux de ses propositions de loi.
L’une d’elle était la loi “loi de promotion de l’aide, de la sécurité et de la démocratie en République démocratique du Congo” de 2006, alors parrainée par douze autres sénateurs, dont Hillary Clinton.
Cette loi consacrée à la République démocratique du Congo (RDC) comprend des provisions relatives aux ressources minières faisant l’objet de conflits; à la violence sexuelle; aux sanctions contre les groupes armées et à leur soutien au sommet de l’Etat, et à la promotion de la démocratie.
L’article 105 de cette loi Obama autorise le secrétaire d’Etat américain à suspendre toute aide à un pays étranger s’il estime que le gouvernement dudit pays tente de déstabiliser la RDC.
Ce texte, vieux de six ans, est le seul document officiel répertorié encadrant la politique étrangère américaine face à la crise du Congo.
Au vu de l’intérêt qu’il avait porté à leur pays, de nombreux Congolais espéraient qu’une fois à la Maison Blanche Obama continuerait de considérer la RDC comme une priorité.
Frustrations après le discours d’Accra
Ces espoirs avaient été ravivés par le discours plein d’émotion prononcé par le président américain à Accra, la capitale ghanéenne, dans le cadre de son premier (et, pour l’heure, seul) voyage en Afrique subsaharienne.
Barack Obama avait alors appelé les Africains à prendre en main leur propre destin. Il avait promis que les Etats-Unis ne soutiendraient plus les hommes forts de la région, qu’ils ne toléreraient plus la corruption; que son gouvernement contribuerait à l’édification d’institutions fortes.
Le Congo est un Etat souffrant de dysfonctionnements majeurs, doté d’un faible leadership politique, d’une armée incompétente et d’institutions de sécurité défaillantes.
Au cours de la dernière décennie, le gouvernement de la RDC n’est pas parvenu à restaurer l’autorité de l’Etat sur son territoire.
Il a de ce fait permis la prolifération de groupes armés et de seigneurs de guerre —comme Thomas Lubanga, récemment condamné — qui recrutent des enfants, se rendent coupables de viols systématiques et pillent les ressources naturelles.
Certaines de ces milices sont soutenues (financièrement et logistiquement) par des Etats voisins.
A la fin 2011, le conflit avait déjà conduit au déplacement de près de deux millions de civils, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières de la RDC.
Dans son discours d’Accra, lorsqu’il a évoqué les conflits agitant les régions du Congo et du Darfour au Soudan, le président Obama a dénoncé le caractère criminel et la lâcheté des viols systématiques et du recrutement forcé d’enfants soldats.
Il s’est aussi engagé, au nom des Etats-Unis, à soutenir les efforts visant à contraindre les criminels de guerre à rendre des comptes.
Or, aujourd’hui, lorsqu’il s’agit du Congo, Obama n’a visiblement aucune intention de rester fidèle à sa propre action politique.
Depuis le début de sa présidence, il n’a jamais mis en œuvre sa propre loi, et ce en dépit de nombreuses cas d’abus avérés. Lire la suite sur Slate Afrique.com







