Pour faire face aux différents gels d’aides au développement imposés par des pays occidentaux au Rwanda pour son soutien présumé aux rebelles du M23 à l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Kigali lance le “Fonds de développement Agaciro”. Tous les Rwandais sont désormais appelés à mettre la main à la poche pour soutenir l’État.
En moins d’un mois, cinq pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas, Suède) ont suspendu en partie leur aide au développement pour le Rwanda, pays accusé par les Nations unies de soutenir les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) à l’est de la République démocratique du Congo. Une situation inconfortable pour un pays dont plus de 40 % du budget de l’État est alimenté par l’étranger.
Question de “dignité”
Pour tenter de combler le déficit budgétaire qui s’annonce, les autorités rwandaises s’apprêtent à lancer, à partir du jeudi 23 août, l’opération « Agaciro », entendre la « dignité » en kinyarwanda. Officiellement, l’initiative a été décidée plus tôt, lors du « dialogue national », en 2011. Une façon de « rendre le pays de plus en plus indépendant des aides étrangères et redonner aux Rwandais leur dignité », a expliqué John Rwangombwa, ministre rwandais de l’Économie lors d’un point de presse à Kigali, lundi 20 août.
Dans tous les cas, le gouvernement rwandais n’est pas prêt à céder à la pression internationale. Quitte à perdre une bonne part de son aide au développement. « Le Rwanda a le plein droit de dessiner son destin indépendamment des aides étrangères », a même souligné le président rwandais Paul Kagame devant les hauts cadres de son parti, le Front patriotique rwandais (FPR), le 16 août. Lire l’article sur Jeuneafrique.com






