Épidémie d’Ebola : certains habitants de Bunia observent déjà des mesures de précautions

Certains habitants de Bunia commencent progressivement à adopter les mesures barrières contre l'épidémie d'Ebola, officiellement déclarée en Ituri. Interrogés samedi 16 mai par Radio Okapi, nombreux d'entre eux expliquent que ces précautions visent avant tout à protéger leurs familles contre la maladie. 

Dans plusieurs rues de Bunia, certaines personnes apparaissent déjà avec des cache-nez. D’autres circulent avec des flacons de désinfectant dans leurs sacs.

Protéger des familles 

Dans une pharmacie du centre-ville, David Angwezu, dit être venu acheter des masques pour sa famille :

« Je viens acheter des masques pour ma protection personnelle et celle de ma famille. Chaque jour, nous sommes en contact avec beaucoup de personnes. Porter un masque est déjà une mesure de prévention importante».

Cependant, d’autres habitants de Bunia poursuivent encore leurs activités sans réelle inquiétude. 

De Bunia à Mambasa

Devant la presse samedi à Kinshasa, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a expliqué que cette 17ᵉ flambée d'Ebola (à souche Bundibugyo) avait débuté après le décès d’un infirmier à Bunia :

« Un infirmier décède à Bunia, d'une maladie qui n'est pas notifiée encore, le 24 avril. Le corps est ramené dans la zone de santé de Mongwalu. Et c'est lors des cérémonies funéraires que les gens pleurent en pensant que c'est une maladie mystique. Tout le monde touche, tout le monde fait ceci. Et c'est là que les cas commencent à exploser ».

Selon lui, le premier signalement a été fait le 5 mai. Les échantillons ont été ensuite prélevés et transférés à l'INRB Kinshasa, qui a confirmé l'épidémie d'Ebola jeudi dernier.

Le défi sécuritaire 

Des équipes spécialisées sont déjà employées sur terrain pour contrer la maladie, a assuré le ministre. 

Cependant, a-t-il déploré, l'insécurité constitue un défi majeur, notamment à la route de Mambasa.

"Il y a beaucoup de groupes armés. C'est pour cela que ça augmente la difficulté dans la surveillance et dans la prise en charge de cette épidémie. Mais nous avons beaucoup d'habitude de travailler dans des zones difficiles. Et je crois qu'on va y arriver aussi", a signalé Roger Kamba.

 

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