
Sur 139 décisions prises au niveau du Conseil des ministres entre avril et décembre 2025, seulement 35 ont été mises en œuvre, soit 25 %, en RDC.
Ces chiffres ressortent du rapport analytique de la société civile sur l’action publique, publié mardi 2 juin à Kinshasa, en partenariat avec le Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS).
Christian Moleka, membre du collectif qui a mené ce monitoring, dénonce le grand défi de finaliser les décisions politiques et de les accompagner par des feuilles de route et des indicateurs pour renforcer l’efficacité de l’action publique en RDC.
Pour étayer son argumentaire, il revient sur l’inaction concernant les décisions liées aux embouteillages dans la ville de Kinshasa.
« Beaucoup de décisions prises n’ont pas été exécutées pour plusieurs raisons. Prenons un facteur simple : qui exécute la décision en rapport avec les embouteillages ? La circulation routière est encadrée par les policiers, censés incarner l’autorité de l’État. Ce sont eux qui devraient sanctionner le ministre qui roule en sens contraire », a-t-il déclaré.
Christian Moleka estime que si l’agent public n’est pas renforcé non seulement en le protégeant, mais aussi en lui donnant un pouvoir réel les décisions prises resteront irréalisables. Il s’interroge également sur l’application des sanctions à l’endroit de ceux qui ne respectent pas la loi en vigueur.
Selon lui, les problèmes d’embouteillages sont structurels et non conjoncturels, car ils relèvent à la fois de la mobilité, du maillage de la ville, de son étalement et du civisme routier. Cet activiste de la société civile considère que ces problèmes complexes nécessitent des réponses complexes, comme le recours aux transports fluviaux.
« On peut partir de Maluku pour rejoindre le centre-ville, ou utiliser des moyens de transport de masse. On a beaucoup parlé de relancer le train urbain à Kinshasa, le gouvernement a même évoqué le téléphérique. Mais ces décisions n’ont pas été concrétisées. Il faut investir dans le maillage, l’aménagement urbain, et l’élargissement de la ville vers l’Est. Ailleurs, on va plus loin dans les technologies : on peut utiliser la technologie pour réduire les problèmes de mobilité », a poursuivi Christian Moleka.
A la même occasion, le CEPAS a présenté au public la plateforme numérique JUA (Traduisez en Swahili: Connaître ), destinée à informer les citoyens sur l’évolution de l’action publique et à leur permettre d’y participer, afin de renforcer son efficacité.







