Journée contrastée dans plusieurs villes de la RDC après l’appel à une journée « ville morte »

La capitale congolaise a connu une journée particulière ce mercredi 3 juin, marquée par l’appel de l’opposition à observer une « ville morte » pour protester contre toute modification de la Constitution.

En parallèle, les partis de la majorité présidentielle et les autorités invitaient la population à poursuivre normalement leurs activités.

Dans les rues, l’ambiance est apparue contrastée : certaines artères étaient presque désertes, tandis que quelques habitants ont tout de même choisi de sortir. D’autres ont préféré rester chez eux pour suivre l’évolution de la situation. Kinshasa n’était donc ni totalement morte… ni vraiment vivante. Commerces fermés, trafic moins dense qu’à l’accoutumée : tel était le visage de la capitale jusqu’au milieu de la journée.

Un agent de l’État, ayant requis l’anonymat, affirme être présent à son poste sans contrainte particulière. La prudence reste toutefois de mise pour certains parents : Marc Ngombo, par exemple, a choisi de garder ses enfants à la maison par mesure de sécurité. Entre attente, inquiétude et prudence, l’opinion demeure partagée face à l’appel à la « ville morte ».

Dans plusieurs points sensibles de la capitale, des dispositifs policiers renforcés étaient visibles, notamment à Sainte-Thérèse et au boulevard Kimbuta, dans la commune de N’djili. Des cortèges de l’armée, estampillés « Task Force », ont été aussi aperçus sur les artères de la Tshangu.

Des sources contactées dans plusieurs points chauds de ce district (Mokali, Bibua, Kinkole, Sainte-Thérèse…) s’accordent sur le fait que cette journée s’est passé dans le calme. 

Sur le boulevard Triomphal, jusqu’aux alentours de 14h, la circulation était presque inexistante. Seuls quelques rares véhicules étaient visibles.

Toujours à Kinshasa, à l’entrée de l’«Abattoir » (Masina), entre Debonhomme et le pont Matete, en début de soirée vers 16h, les véhicules étaient également très peu nombreux sur la voie.

Situation partagée en provinces

Les activités se sont déroulées normalement, selon plusieurs habitants que nous avons joints, dans la ville de Kikwit, dans la province du Kwilu, où les écoles ont ouvert et de nombreux parents affirment y avoir envoyé leurs enfants.

Dans la province voisine du Kwango, à Kenge précisément, la ville semblait coupée en deux : une partie de la population disait suivre l’appel de l’opposition, tandis que l’autre vaquait à ses occupations.

A Mbandaka, dans la province de l’Équateur, la circulation était timide tôt le matin, selon nos sources, avant de commencer à se normaliser.

L’appel de l’opposition à observer une ville morte n’est pas suivi à Kananga au Kasi central.

Les activités se déroulent normalement : magasins, écoles, université et services publics sont ouverts. La police est déployée en nombre dans plusieurs points sensibles de la ville, notamment à l’Immo Kasaï, au rond-point Carrefour, à Notre-Dame et au croisement des avenues Lulua et Kasa-vubu.

Un policier rencontré affirme que leur mission est d’empêcher les troubles et de sécuriser les personnes et leurs biens.

La situation est également normale, tout comme à Bunia, en Ituri, où l’attention reste focalisée sur la riposte contre l’épidémie à virus Ebola.

Des sources locales indiquent par ailleurs que, dans la commune de Kenya, certains magasins n’avaient pas ouvert tôt le matin et la circulation était timide. La situation tend toutefois à se normaliser au fil des heures.

À Matadi, dans le Kongo-Central, les activités se déroulent normalement. Au rond-point Buima comme au marché Mvuadu, magasins et boutiques sont ouverts et la circulation est dense. Les agents de la circulation routière sont en poste, et quelques éléments de la police sont déployés dans les carrefours et autres points sensibles de la ville.

Lire aussi sur radiookapi.net: