La CNDH met en garde contre les menaces et les violences avant les manifestations du 3 juin

La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a exprimé sa vive inquiétude face à la montée des tensions politiques à la veille des manifestations prévues le mercredi 3 juin en République démocratique du Congo.

Dans un communiqué publié ce mardi 2 juin à Kinshasa, le président de la CNDH, Paul Nsapu, a dénoncé la recrudescence des menaces, des discours de haine, des actes de violence et de vandalisme observés après l'appel à une opération « ville morte » lancé par l'opposition réunie au sein de la plateforme C64, ainsi que l'annonce d'une marche de soutien organisée par la majorité présidentielle à la même date.

Un appel à la responsabilité de tous les acteurs

Face à ce climat de tension, la CNDH appelle l'ensemble des acteurs politiques, des organisations sociales et des citoyens à faire preuve de responsabilité, de retenue et de civisme afin que les différentes expressions démocratiques se déroulent dans un climat de paix, de tolérance et de respect mutuel.

L'institution rappelle que les libertés d'expression, d'opinion et de manifestation pacifique sont garanties par la Constitution de la RDC ainsi que par les instruments internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par le pays.

Tout en reconnaissant le droit des citoyens à exprimer leurs opinions, la CNDH souligne que l'exercice de ces libertés doit s'effectuer dans le respect des droits d'autrui et de l'ordre public.

L'institution insiste notamment sur le caractère volontaire de toute participation à une manifestation ou à une opération de ville morte.

« Aucun citoyen ne peut être contraint de participer à une manifestation publique ou à observer une opération de ville morte contre sa volonté », rappelle la CNDH.

Condamnation des intimidations et des violences

La Commission met également en garde contre les actes d'intimidation visant les personnes qui choisiraient de ne pas adhérer aux mots d'ordre politiques. Elle condamne fermement les menaces, les violences, les destructions de biens ainsi que toute autre forme de coercition.

Selon la CNDH, de tels comportements constituent des violations des droits humains et sont incompatibles avec les principes démocratiques.

À quelques heures de cette journée à haut risque politique, l'institution exhorte toutes les parties prenantes à privilégier le dialogue et le respect des libertés individuelles afin d'éviter tout dérapage susceptible de compromettre la paix sociale.

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