Econews : « Devant le Conseil de sécurité, Kinshasa accuse ! »

Conseil de sécurité : Kinshasa durcit le ton face à Kigali, la lutte anticorruption s’invite au Parlement

Les journaux parus ce mercredi dans les capitales et plusieurs médias en ligne consacrent une large place aux tensions diplomatiques et sécuritaires entre Kinshasa et Kigali, examinées devant le Conseil de sécurité des Nations unies. La presse revient également sur le projet de loi contre la corruption en discussion à l’Assemblée nationale.

« Devant le Conseil de sécurité, Kinshasa accuse ! »

C’est le titre choisi par Econews, qui s’intéresse aux accusations formulées par la RDC devant le Conseil de sécurité. Le tri-hebdomadaire rapporte notamment la dénonciation par Kinshasa de ce qu’il présente comme une « transplantation » de populations rwandaises dans l’Est du pays, décrite comme une autre forme de guerre silencieuse.

Dans le même dossier, l'Agence congolaise de presse (ACP) rapporte que la RDC demande la suspension des contingents rwandais participant aux opérations de paix des Nations unies.

Info 27 revient également sur cette demande. Le média explique que Kinshasa souhaite suspendre toute nouvelle participation, tout déploiement ou toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de paix de l’ONU, jusqu’à un retrait vérifié des forces rwandaises du territoire congolais.

Présentant la position congolaise lors de la 10232e séance du Conseil de sécurité, l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a appelé à l’application des engagements contenus dans les résolutions du Conseil. Il a notamment évoqué la résolution 2773, qui prévoit la cessation des hostilités par le M23 et son retrait des zones sous son contrôle, ainsi que le retrait des forces rwandaises de la RDC.

Kinshasa estime que ces engagements ne sont toujours pas pleinement appliqués. La délégation congolaise plaide également pour un renforcement du mandat de la MONUSCO, notamment en matière de protection des civils et de suivi du désarmement des FDLR.

Kigali met en cause le retour de Sylvain Ekenge

La réaction rwandaise est également largement commentée par la presse.

Actualité.cd titre : « Conseil de sécurité : Kigali exprime ses préoccupations sur le retour du général-major Sylvain Ekenge ».

Le média rapporte les préoccupations exprimées par Kigali à propos de la nomination et du retour du général-major Sylvain Ekenge au poste de porte-parole des FARDC. La diplomatie congolaise rejette cette mise en cause, estimant que le Rwanda n’a pas à intervenir dans le choix des officiers congolais.

Devant le Conseil de sécurité, l’ambassadeur rwandais Martin Karoli Ngoga est revenu sur la réinstallation du général Ekenge à cette fonction, après sa suspension à la suite de propos que Kigali avait qualifiés de provocateurs envers les communautés congolaises parlant le kinyarwanda.

Le représentant rwandais estime que ce retour pose, selon la position exprimée par Kigali, des questions sur la manière dont Kinshasa traite les questions liées aux discours de haine et à l’établissement des responsabilités.

Les propos tenus précédemment par le général Ekenge avaient conduit à sa suspension de ses fonctions de porte-parole des FARDC. L’état-major général avait alors précisé que ces déclarations ne reflétaient pas la position officielle du pays, du gouvernement ni du commandant suprême des FARDC.

Pinga au cœur des préoccupations sécuritaires

La situation dans l’Est de la RDC reste également au centre de l’intervention congolaise devant le Conseil de sécurité.

Info 27 rapporte que l’ambassadeur Zénon Mukongo Ngay a évoqué la frappe de drone survenue le 28 septembre à Pinga et attribuée par Kinshasa aux Forces de défense rwandaises.

D’après son exposé, cette attaque aurait fait cinq morts et huit blessés graves. La RDC demande que les faits soient vérifiés par les mécanismes compétents, notamment le mécanisme conjoint de vérification élargie, avec l’appui de la MONUSCO.

Le Parlement s’attaque à la corruption

Sur un autre front, Econews met en avant le projet de loi contre la corruption défendu à l’Assemblée nationale par le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko.

Le texte, présenté comme un instrument de renforcement de la lutte contre la corruption, a été déclaré recevable après un débat houleux auquel ont pris part plus de quarante députés. 7sur7.cd revient également sur cette étape parlementaire.

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