
Les associations de la société civile et les défenseurs des droits humains rescapés des violences et tueries dans l’Est de la RDC, vivant à Kinshasa, ont plaidé, jeudi 15 octobre, pour la mise en place d’une justice transitionnelle, la réparation des préjudices subis par les victimes et la lutte contre l’impunité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
À l’occasion de la commémoration des massacres de Beni, Kipupu, Musekera, Lemera et Kaniola, organisée jeudi à Kinshasa, ces acteurs de la société civile se sont exprimés face à la presse.
Face aux nombreux massacres commis dans ces régions, ils exhortent les autorités à renforcer les mécanismes judiciaires, à consolider la démocratie et à veiller à ce que les auteurs des violations des droits humains répondent de leurs actes.
Pour Saïdi Shamu Kobya, responsable de l’organisation Cri des victimes au Congo (CVC-DH), l’unité nationale et le rejet des discours de haine constituent des éléments clés pour l’instauration d’une paix durable en RDC.
Il appelle également le gouvernement congolais à s’impliquer davantage dans les enquêtes visant les auteurs et les complices des crimes commis dans les deux Kivu.
« Notre message est de rappeler aux autorités de l’État l’importance de la mise en œuvre du Rapport Mapping. Nous demandons que l’État s’implique davantage dans l’accompagnement des enquêtes sur les complicités internes et externes liées aux massacres perpétrés dans l’Est de notre pays. À l’Est, nous ne voulons plus de la guerre, car nous sommes déjà fatigués », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, Saïdi Shamu Kobya exhorte le chef de l’État à mettre en place des mécanismes de surveillance renforcés pour lutter contre le détournement des fonds destinés aux victimes, aux déplacés internes et aux défenseurs des droits humains affectés par les violences dans l’Est du pays.
« Nous demandons au chef de l’État de garder un regard vigilant sur les détournements des fonds destinés aux défenseurs des droits humains, aux déplacés internes et aux victimes. Celui qui détourne les ressources destinées à ces personnes vulnérables en période de crise doit être considéré avec la même gravité que ceux qui alimentent la violence qui nous frappe à l’Est », a-t-il déclaré.
Selon ces organisations, la reconnaissance des souffrances des victimes, la poursuite des auteurs des crimes et une gestion transparente des ressources destinées à l’assistance humanitaire constituent des conditions essentielles pour restaurer la confiance et favoriser une paix durable dans l’Est de la RDC.








