Boyange : conflit entre le clergé catholique et la population autour d’une raboteuse

Ces accrochages ont eu lieu le week-end dernier à Boyange, une mission catholique située à 43 kilomètres de Lisala. A la base du conflit entre la population autochtone et le clergé catholique de cette localité, la décision de l’Eglise Catholique de déplacer une raboteuse installée à Boyange depuis l’époque coloniale par des missionnaires belges, rapporte radiookapi.net

A l’époque, cette machine servait à apprendre aux autochtones notamment la menuiserie et la charpenterie dans une école artisanale fermée depuis plusieurs années. La population de Boyange estime que cette machine est un patrimoine qui lui appartient et s’oppose à cette décision.

Pour l’Abbé Richard Ngweli qui assure l’intérim de l’Evêque du diocèse de Lisala, cette raboteuse est la propriété de l’Eglise Catholique. Il explique les raisons qui poussent le diocèse à la déplacer vers Lisala. « La raboteuse chômait à Boyange parce qu’il n’y avait pas de clients, ni de rentabilité. C’est pourquoi on voudrait la ramener à Lisala afin de leur permettre de générer des ressources, parce que dans leur communauté, ils n’ont pas d’autres unités de production. C’est alors que les habitants de Boyange ont refusé, disant que les pères missionnaires qui ont commencé Boyange ont donné la raboteuse à la mission pour l’intérêt de la population autochtone. Mais, la machine appartient non seulement à l’église catholique, mais particulièrement aux frères, parce qu’ils ont des documents. La machine est reproductive au niveau de Lisala parce qu’il y a des gens qui construisent et qui en ont vraiment besoin. Mais pas à Boyange. »

Suite à ces échauffourées, 150 élèves finalistes du centre des Examens d’Etat de Boyange n’ont pas pu passer leur épreuve de pratique professionnelle. Selon le Chef de Division Provinciale de l’EPSP/Equateur IV, ce centre est fermé. Les élèves finalistes vont passer la session des Examens d’Etat à Lisala. Entre temps, les autorités locales ont dépêché une équipe de la police sur les lieux en vue de calmer la situation.