Présidentielle 2011: analyse de premiers résultats partiels

Un enfant additionne les résultats de la présidentielle du 28 novembre (Matadi, Bas-Congo). Radio OkapiUn enfant additionne les résultats de la présidentielle du 28 novembre (Matadi, Bas-Congo). Radio Okapi

Un enfant additionne les résultats de la présidentielle du 28 novembre (Matadi, Bas-Congo). Radio Okapi

La Commission électorale nationale indépendante a commencé (Ceni) a publié, vendredi 2 décembre, 15,6% des résultats de la présidentielle du 28 novembre en RDC. Deux candidats, Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, émergent au cours de ce vote, qui a été plus régional. C’est ce qu’ont déclaré les professeurs Elikya Mbokolo et Comi Toulabor au cours du magazine Dialogue Entre Congolais de vendredi 2 décembre.

Au regard de ces premiers chiffres, la compétition semble se jouer entre «deux candidats lourds», Joseph Kabila et Etienne Tshisekedi, a indiqué le professeur Elykia Mbokolo, directeur à l’école des hautes études en sciences sociales à Paris.

La conjoncture politique a aussi joué, poursuit-il. Par exemple, le Bandundu avait plébiscité Antoine Gizenga au premier tour de la présidentielle 2006. Ce dernier n’étant plus candidat 2011, les voix se distribuent d’une manière beaucoup plus équilibrée, estime le professeur Mbokolo: 

«Kabila Kabange et Etienne Tshisekedi émergent dans la masse des candidats [dans cette province]. Derrière eux, il y a Vital Kamerhe et Kengo wa Dondo. Il n’y a pas un enfant de la région. C’e sont des candidats extérieurs qui, en raison de leur programme, de leur personnalité et des alliances politiques conclues, commencent à jouer leur rôle.»  

Candidature commune de l’opposition 

Certains analystes avaient estimé que l’opposition réduirait ses chances en affrontant le président sortant en ordre dispersé. Au regard des résultats partiels, le professeur Elykia a affirmé: 

« Il y avait risque de dispersion des voix. Mais, sauf là où le vote régional compte vraiment - pour le moment c’est dans les Kivu où Vital Kamerhe s’en sort très bien – les candidats moins connus de l’opposition ont quand même du mal à tenir face à Etienne Tshisekedi. Dans son cas, il y a le vote régional qui joue et toute l’histoire qu’il a derrière lui, toute la personnalité qu’il représente et qui fait de lui une personnalité politique, capable d’avoir un matelas tout à fait épais dans toutes les provinces du pays.»  

Facteur régional 

Le taux de compilation de l’ensemble des résultats étant encore très faible, il ne s’agit que d’indication, même pas de tendances. Cependant, a fait remarquer Elykia Mbokolo, il y a un certain nombre de bastions qui semblent s’orienter vers telle ou telle personnalité: 

«La région de deux Kasaï, qui avait été peu représentée en 2006, semble se prononcer très massivement en faveur du candidat Etienne Tshisekedi. A contrario, lorsqu’on regarde la partie orientale du pays, que ce soient le Maniema, le Katanga ou les deux Kivu, on voit que l’équation régionale joue très clairement, dans la mesure où le candidat Kabila émerge très nettement pour le moment. Vital Kamerhe fait un score provisoire plus qu’honorable dans les deux Kivu.» 

L’Equateur offre un tout autre tableau, au regards du score réalisé par Kengo wa Dondo, Mobutu Nzanga, mais aussi Etienne Tshisekedi, «qui semble recueillir à son profit les voix [engrangées par] Jean-Pierre Bemba en 2006. (….) Au fonds, l’équilibre sociologique et les équilibres semblent restés très relativement stables.» 

A ce sujet, Comi Toulabor, directeur de recherche au Centre de recherche dénommé « Les Afriques dans le monde» à Bordeaux, a souligné que «le vote régional, on le trouve partout, même en France, c’est plus que ça. On parle de ‘l’enfant du terroir’. Et l’expression n’est pas africaine.» 

Cette publication des résultats partiels par la Ceni, a-t-il poursuivi, permet de «dédramatiser le résultat final. Que chaque candidat sache comment il est situé et, progressivement, comment il naît électoralement

Taux de compilation

Intervenant au cours de la même émission, Me Ronsard Malonda, directeur chargé de la coordination et de suivi des opérations àla Ceni, a soutenu qu’à la suite de ces résultats partiels, on ne peut pas encore introduire des recours àla Coursuprême de la justice.

Il a indiqué que cette compilation des résultats se fait au fur et à mesure que les plis des bureaux de vote arrivent aux au Centres locaux de compilation des résultats (CLCR). C’est ce qui explique la différence des taux de compilation à travers les onze provinces du pays. 

«Ce qui est important, c’est que les gens sachent comment ça évoluent et comparent avec les procès verbaux qu’ils détiennent, puisqu’ils ont envoyé des témoins dans bureaux de vote. C’est l’exercice de transparence, d’information, de clarté et même pédagogique», a affirmé Me Ronsard Malonda, sans préciser la méthodologie de la Ceni pour la publication des résultats partiels de la présidentielle. 

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