Kisangani: le bilan du récent naufrage s’alourdit

Quinze morts dont une femme, c’est le nouveau bilan fourni par le bourgmestre de la commune de Mangobo après le chavirement de quatre pirogues motorisées lundi dernier. Douze de ces corps ont été retrouvés ces deux derniers jours par les pêcheurs de la Tshopo. Toutes les dépouilles mortelles ont été récupérées par leurs familles. Des tracasseries militaires seraient l’une des causes de cet accident, selon les témoignages recueillis par radiookapi.net

Au-delà de la surcharge, des témoignages recueillis auprès des agents du service fluvial, des gérants, armateurs et passagers font état de nombreuses tracasseries militaires. Les armateurs en sont victimes. Au moins trois barrières sont érigées en aval de la rivière Tshopo.

Célestin Lisako, commissaire fluvial adjoint de la ville de Kisangani, reconnaît ces tracasseries ainsi que l’existence des barrières. Ces entraves poussent les armateurs à rouler vite avec le risque de faire un accident.

Même son de cloche de la part du gouverneur de province. Théo Baruti reconnaît lui aussi certains dérapages de la part de certaines unités militaires : «Il est vrai qu’il y a certains dérapages. Mais nous sommes en train de faire un effort pour rétablir l’ordre en mettant hors d’état de nuire tous ces militaires qui tracassent. C’est ainsi que l’auditorat militaire s’emploie chaque fois à sévir et à foutre ces gens en prison»

Le commandant de la 9e région militaire dit ne pas être au courant de ces tracasseries qui seraient à l’origine des accidents. Toutefois, il a promis de mettre en place une commission d’enquête mixte auditorat militaire-bureau des renseignements de la 9e région militaire.