L’organisation catholique Prolusima sensibilise la population de Mahagi contre le vih-sida. Mais sur place, le message ne semble pas passer. La population est divisée au sujet de l’utilisation des préservatifs. Pourtant, ce territoire connaît un taux de prévalence de 26 %, constate radiookapi.net
Des leaders communautaires venus de toutes les collectivités disent leur détermination à la lutte. Ils vont passer quatre jours à réfléchir sur la manière de mener leur combat contre le vih-sida. Mais les vues sont loin de s’accorder sur le mode de prévention. Les jeunes gens pensent que la lutte doit se mener non seulement avec la sensibilisation à la fidélité et à l’abstinence, mais aussi avec l’utilisation des préservatifs. Ogene Oketi, jeune de Mahagi s’exprime : «On peut choisir le préservatif. Mais tout le monde n’a pas de moyen de l’avoir. Ce serait une bonne chose si cette ONG (Ndlr : Prolusima) nous donnait des préservatifs à distribuer à tous les jeunes»
Une participante soutient l’idée du jeune homme: «…On peut se trouver parfois dans une situation insupportable. C’est pourquoi il vaut mieux prévenir que guérir»
Mais l’abbé responsable de Prolusima n’est pas d’accord avec cette approche. Pour lui, cette démarche va à l’encontre des convictions chrétiennes. « Comme chrétiens, vous avez une conviction…Avec le préservatif, sachez que vous allez contre le 6e commandement. Et vous êtes en train de pécher», explique-t-il.
Comme on peut le constater, la campagne démarre sur fond de polémique. Pour qu’elle soit efficace, la population pense qu’il faut concilier les points de vue de tous. La Prolusima et les leaders communautaires comptent persuader environ 7 000 personnes à faire un dépistage volontaire d’ici deux mois.







