De Kinshasa la capitale à Goma l’Est du pays en passant par les deux Kasaï, radiookapi.net a recueilli différents points de vue de la population congolaise. Il ressort des premières tendances officielles du scrutin référendaire que les kinois ont, dans leur majorité, dit non. La population de l’Est a voté massivement oui tandis qu’au Kasaï, c’est le boycott qui a primé.
D’abord à Kinshasa. La population évoque la fraude même si certains relativisent les faits. «Je suis triste de ce qui s’est passé. C’est vraiment incompatible avec les attentes. On a détourné les résultats», soutient un électeur. Un autre ajoute que c’était une expérience enrichissante pour lui. Il fallait que les Congolais la vivent après plus de 40 ans afin qu’ils apprennent à se soumettre à la loi de la majorité, explique-t-il. «Le président de la CEI a hésité de donner les résultats de Kinshasa… Cela montre que tout a été bâclé», affirme un autre habitant. «De toutes les façons, le oui a remporté, c’est le reflet de la démocratie. Les résultats montrent que les gens ne sont plus dupes comme avant même s’il y a eu chevauchement. Pour moi, c’est le non qui a remporté», déclare un autre électeur.
Pour un étudiant abordé par radiookapi.net, les résultats de la capitale ont reflété l’avis du peuple, suite à la sensibilisation qu’il y a eu. «Je suis satisfait de ce résultat qui dénote la transparence», dit-il.
«Il y a un petit nombre qui est pour le oui, mais le reste des kinois sont pour le non. Que voulez-vous ? Ceux qui dirigent sont forts…, la raison du plus fort est toujours la meilleure. Sincèrement, ce n’est pas ça que les kinois voulaient», se résigne un homme d’une cinquantaine d’années.
rnA Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, où il y a eu un fort taux d’abstentions, les gens se justifient, chacun à sa manière. «Je ne peux pas dire que j’ai respecté des consignes. Je savais déjà que je n’allais pas voter. Je n’ai pas eu le temps de prendre connaissance du projet de constitution. C’est ce qui a fait que je n’aille pas voter » se justifie un habitant. Selon une femme, le projet de constitution avait beaucoup d’ambiguïtés, le non était transformé en oui, les gens n’étaient pas très informés du contenu du projet de constitution. D’autres encore avaient peur d’être arrêtés. C’est pourquoi, dit-elle, ils ont préféré de rester à la maison.
«Nous voyons tout ce qui se passe dans ce pays. Nous imaginons les mauvaises intentions de gens qui sont en train d’organiser les élections. Il y a eu une mauvaise foi dès le départ », déclare un homme.
A Goma et à Bukavu où le oui a dominé, les gens sont satisfaits de leur choix.
«Les gens ont voté par ignorance. Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient. Ils croyaient qu’ils votaient pour Kabila. Il y avait donc une confusion entre le référendum et l’élection présidentielle », explique un habitant de Goma. «Nous sommes très contents du bon déroulement du référendum. Nous tous avons voté oui pour l’instauration de la paix dans le pays. Mais certaines gens pensaient qu’ils votaient pour le président Joseph Kabila. Les tenants du non pensaient voter pour une autre personne», dit un jeune homme.
«Le oui a connu le soutien total du gouvernement. Curieusement, ceux qui sont descendus sur le terrain, utilisaient l’argent du contribuable congolais… On doit mettre fin à cette longue transition. Le projet de constitution n’est pas du tout mauvais. On y trouve la part des Congolais bien qu’il y ait des articles qui posent problème. Les futurs parlementaires auront à remettre de l’ordre, conclut un autre habitant.







