Bagarre rangée entre policiers et civils à Basankusu, à l’Equateur

Des échauffourées ont eu lieu précisément à Lifumba Waka, une localité située à 145 kilomètres de Basankusu-centre. A l’origine de cette dispute, une femme abattue à bout portant par un militaire. La population civile, ulcérée, s’est mise à malmener les policiers dépêchés sur les lieux pour enquête. Leurs collègues envoyés en renfort se sont livrés aux exactions, rapporte-t-on à radiookapi.net. L’autorité politico-administrative vient de diligenter une enquête à ce sujet.

Les faits remontent au début du mois en cours. Selon le commissaire de district, un militaire a tiré sur une femme de Lifumba Waka pour des raisons non encore élucidées. La victime a succombé sur le champ. Ce meurtre a provoqué la colère de la population civile. Celle-ci a copieusement tabassé les éléments de la police dépêchés au lieu du drame pour enquêter.

D’autres policiers envoyés en renfort sont passés à côté de leur mission. Selon M. Efoso, président de la Société civile /District Equateur, ces policiers, munis d’armes de guerre et de machettes, se sont livrés aux exactions, en signe des représailles. Des familles entières ont été torturées et dépossédées de leurs biens. Selon M. Efoso qui rentre d’une mission dans cette région, 10 femmes et 26 hommes ont été enlevés et torturés. Ils portent à ce jour les cicatrices des brûlures. Des femmes ont été violées, 14 chèvres, plusieurs poules et un montant de 52 000 Fc ont été volés par les policiers. Une pirogue et quatre pagaies étaient réquisitionnées de force, a-t-il témoigné.

Le commissaire de district reconnaît les faits. C’est pourquoi il a dépêché une commission d’enquête mixte police nationale-société civile-autorité administrative à Lifumba Waka.

La situation s’est empirée lorsque la population en colère a vengé la femme, a constaté la commission. Actuellement, les habitants de ce village ont fui les représailles policières. Certains commencent à peine à regagner leurs habitations.