Budget 2006 : brouille entre le Fmi et le gouvernement de la RDC

La décision du Fonds monétaire international (Fmi) de suspendre tout appui à l’exercice budgétaire 2006 continue à faire couler beaucoup d’encre. Si l’institution du Bretton Woods justifie sa décision par les dérapages constatés dans l’exécution du programme économique du gouvernement, celui-ci, par la bouche de son ministre des Finances, dénonce la mauvaise foi, voire le refus du Fmi de traiter avec un gouvernement fin mandat, comme c’est le cas partout en Afrique. Marco Banguli réfute par ailleurs l’idée d’une mauvaise gestion soutenue par le Fmi, rapporte radiookapi.net

Comme on le sait, la sixième revue des engagements du gouvernement et du FMI qui devrait se tenir avant l’expiration de l’accord de facilité de réduction de la pauvreté n’a pas eu lieu à la date prévue. Selon Xavier Maret, représentant résident de cette institution financière internationale à Kinshasa, lors de dernières missions du FMI, il a été soulevé un certain nombre de problèmes dans l’exécution du programme économique du gouvernement. Il s’agit notamment des dérapages budgétaires et du retard dans la mise en œuvre des réformes structurelles, a-t-il soutenu. Et d’expliquer : «L’impact que cela va avoir nécessite une gestion assez stricte des finances publiques. En d’autres termes, il faut prévoir d’avance et avoir une gestion des finances publiques qui permette de pallier ce défaut de financement extérieur. Cela veut dire qu’il faut renforcer les recettes propres de l’Etat d’ici la fin de l’année d’une part et contrôler le niveau des dépenses, en particulier tout ce qui concerne des institutions, d’autre part

Réagissant aux propos de représentant résident du Fmi, le ministre des Finances Marco Banguli a indiqué qu’il ne s’agissait pas de la mauvaise gestion. « Tout dépend des élections. Le facteur primordial, c’est des élections. S’il n’y a pas d’élections, il n’y aura pas de programme, parce que nos partenaires ne veulent pas négocier avec un gouvernement qui est en bout de course. Ils veulent négocier avec un gouvernement issu des élections, a-t-il souligné. Par ailleurs, le cas de la RDC en matière économique, a poursuivi le ministre, est considéré à Washington comme un cas d’école. En clair, Marco Banguli compare la RDC à un élève qui a réussi. «Nous sommes arrivés à stabiliser la situation économique de notre pays en 4 ans…», a-t-il déclaré.