L’abbé Malu Malu, président de la Commission électorale indépendante s’est confié à radiookapi.net pour faire le point sur le déroulement du vote sur toute l’étendue du territoire national dimanche 29 octobre 2006. Au cours de cette interview, le président de la CEI s’est dit satisfait du déroulement des opérations. Toutefois, des incidents ont été signalés à Bumba et à Bikoro dans la province de l’Equateur. Bilan : 1 mort et quelques bureaux de vote saccagés. A ce sujet, l’abbé Malu Malu a annoncé le déploiement du nouveau matériel électoral dès lundi 30 octobre et l’organisation du vote dans les bureaux des contrées concernées le mardi prochain. radiookapi.net propose ci-dessous l’intégralité de cet entretien.
Radiookapi.net : Monsieur l’abbé bonsoir
Abbé Malu Malu : Bonsoir
R O : Merci de répondre à cette invitation. Nous parlons du déroulement de cette journée de vote à travers la République Démocratique du Congo. Dans l’ensemble, pouvez-vous nous dire comment se sont passées ces opérations ?
A.M M : Les opérations se sont bien déroulées dans l’ensemble du pays. On a connu des incidents graves qui ont affecté 12 centres de vote. La première décision que le bureau de la CEI vient de prendre, c’est d’organiser les opérations de vote mardi. Nous allons profiter de la journée de demain lundi pour réorganiser la logistique de ces 12 centres de vote. Bien sûr on regrette que des gens continuent à réagir par la violence là où on peut résoudre les conflits électoraux par des mécanismes légaux… Nous envoyons quatre membres de la CEI dès notre assemblée plénière demain à Bumba. Il y a eu un mort et un blessé grave. Ce que nous déplorons. On nous a signalé aussi à Bikoro le saccage de 10 bureaux de vote par des inconnus armés. Nous sommes en train de nous renseigner sur les solutions qui ont été trouvées sur place pour le moment. Sinon nous sommes disposé à vérifier et réorganiser les opérations dans ces 10 bureaux de vote pour autant que les 5 autres bureaux de vote n’ont pas permis aux électeurs de voter.
R.O : M.l’abbé, on parle de certains responsables de bureaux de vote, par exemple celui-là même qu’on accuse d’avoir inséré dans les urnes les bulletins déjà cochés d’un candidat à la présidentielle. Et de l’autre côté on parle de membres de l’Union pour la Nation qui ont imposé au président d’un bureau de vote que les voyageurs en transit puissent voter dans ce centre là. Comment comprendre cela ?
A.M M : D’abord je crois que le droit électoral est un droit qui suit les faits. Cela veut dire que pour le moment, il n’y a que des allégations. Une enquête va établir si ces allégations sont vraies. Je crois qu’en RDC, on s’emballe très vite à partir des versions des uns et des autres. Donc une enquête doit être diligentée pour établir la responsabilité des uns et des autres. Je voudrais vous dire que la loi électorale met tous les éléments qui concernent ce type d’incidents sur la procédure pénale qui n’engage que la personne qui a commis un acte réprimé par la loi. Attention de parler de la responsabilité de la CEI, non. La responsabilité est individuelle. On doit l’établir et la loi prévoit des sanctions pour ceux qui s’adonnent à ces pratiques, qu’ils soient membres de la CEI ou pas, c’est très important.
RO : M. l’abbé, il y a eu des plaintes par rapport aux cartes d’accréditation de certains témoins dans des bureaux de vote. Il y a aussi un problème d’électeurs qui n’étaient pas sur la liste, ça c’est au Bas-Congo mais également des bulletins de vote pour les provinciales du Kasaï-Oriental qui se sont retrouvés à Tshela dans le Bas-Congo. Comment expliquez-vous cette situation ?
A.M M : Disons qu’on a connu un problème lors du conditionnement des bulletins de vote. Cela s’est fait directement en Afrique du Sud. Ce qui fait qu’il y ait par ci par là un carnet de telle circonscription qui se retrouve dans une autre circonscription. En général, je n’ai pas d’autres éléments. Nous nous sommes efforcé toute la journée pour que tous les cas qui ont concerné cette question soient réglés localement et qu’il n’y ait pas d’électeurs qui soient préjudiciés. Encore une fois, s’il arrivait qu’il y en avait, le droit électoral prévoit tout. Il appartiendra aux cours d’appel d’examiner le préjudice qui aurait pu être causé dans un sens ou dans un autre.
rnR O : Parlons maintenant de fraudeurs. On signale aussi l’arrestation de certaines personnes pour fraude. Cela c’est au Kasaï-Occidental. Est-ce que vous avez eu vent de cette information ?
A M M : Vous le savez, les opérations ne viennent que de s’achever. Nous aurons l’occasion d’examiner tous les différents cas. Encore une fois, il faut savoir que chacun a un rôle à jouer dans les opérations de vote. Vous avez c’est la CEI qui organise les élections. Il y a des erreurs matérielles qui se font ça et là. Elle a un pouvoir de redressement. Sinon, ce sont les cours et tribunaux qui sont compétents. La Cour suprême de justice pour ce qui concerne le 2e tour de la présidentielle, les cours d’appel pour ce qui concerne les élections provinciales. Et quand il y a des cas de flagrance, on procède à l’arrestation immédiate. Mais c’est pour orienter vers la justice.
R O : M. l’abbé, mais comment comprendre par exemple pour cette journée par rapport à d’autres scrutins, qu’il y a eu peu d’engouement pour aller voter ?
A M M : Bon, moi je ne saurai pas répondre à cela. J’attends le taux de participation. Je verrai d’abord de quoi il s’agit et puis on tirera les leçons en regardant quel phénomène a pu avoir lieu. Il faut savoir que dans le monde entier, les seconds tours ont toujours eu le problème de taux de participation… Je n’en sais rien. Pour le moment, j’attendrai qu’on ait établi le taux de participation pour une analyse plus rigoureuse.
R O : Est-ce qu’il y a des bureaux de vote qui sont ouverts jusqu’ici ?
A M M : Il se pourrait qu’y en ait. Vous savez que la procédure est claire. A la clôture, à 17 heures, les présidents de bureau de vote sont obligés de regarder s’il y a encore des électeurs sur les files d’attente… Ils ont l’obligation de les faire voter avant de procéder au dépouillement.
R O : Est-ce qu’il y a des bureaux de vote qui ont commencé le dépouillement ?
A MM : Si. Sur l’ensemble du pays, plusieurs bureaux de vote ont commencé le dépouillement. La majorité a commencé le dépouillement.
R O : Merci beaucoup M. l’abbé Malu Malu.








