Kinshasa : pénurie de ciment

Le sac de ciment coûte 9000 Francs congolais de puis plus d’une semaine. Pourtant, il revenit à 5 800 Fc au début de ce mois. Certains acheteurs abordés par radiookapi.net demandent aux autorités de contrôler le circuit de distribution de ce produit de construction.

«J’arrive dans un dépôt de ciment. Je constate que le prix a augmenté. C’est vraiment malheureux pour nous. Nous voyons passer beaucoup de ciment dans les remorques. Mais nous en ignorons la destination » se plaint un acheteur.

Certains revendeurs ne s’expliquent pas cette hausse de prix du ciment. «Si le ciment manque aujourd’hui, il est difficile de construire. Le sac de ciment se vend à 9 500 Fc auprès des dépositaires. Et demain, combien coûtera-t-il ? En plus, les dépositaires ne vendent qu’aux gens qu’ils connaissent. Si j’achète un sac à 9 500 Fc et je le revends à 10 000 Fc, ai-je mal fait ? », déclare un revendeur.

Le directeur commercial de Cilu ( Cimenterie de Lukala) justifie cette pénurie par le fait que son l’usine de son entreprise connaît une panne depuis une dizaine de jours. Jean-Pierre Hainaut se sent obligé de ralentir les expéditions parce que Cilu n’a presque pas de stocks. Mais cela ne doit pas justifier la hausse de prix, car le prix à l’usine n’a pas augmenté. M. Hainaut promet la reprise normale des activités à l’usine entre le 8 et le 10 mars prochains. En attendant, Cilu ne livre que 500 tonnes de ciment par jour au lieu de 1 000 tonnes, a-t-il dit.

De son côté, l’actuel ministre de l’Economie dit avoir vérifié la situation dans les deux usines qui produisent du ciment. La première, la Cinat, a un problème d’emballages. Ces emballages arrivent à compte goutte de l’extérieur. Elle a beaucoup de ciment qu’elle ne peut mettre sur le marché faute d’emballages.
La Cilu, elle, connaît une panne à l’usine. « La situation peut être arrêtée dans deux ou trois jours. On ne peut pas faire souffrir nos compatriotes pour rien. Je considère que vendre un sac de ciment à 9 000, à 10 000 Fc, il n’y a aucune raison. S’il y aune panne de deux à trois jours, cela justifie-t-il qu’on augmente le prix ? Non , nous allons y travailler pour les deux ou trois jours qui nous restent », souligne Moïse Nyarugabo.