Dossier : Bukavu, insécurité à Kadutu, Ibanda et Bagira. Que faire ?

Ville de Bukavu

Ville de Bukavu

Plusieurs cas d’insécurité sont signalés ces dernières semaines dans certains quartiers de la ville de Bukavu. Les habitants rapportent au quotidien des cas d’assassinat et de vols à main armée dont ils sont victimes. La population est inquiète et dénonce l’inaction et le silence des autorités politico militaires. Le maire de la ville se dit débordé. Prosper Mushobekwa fustige la circulation des hommes en armes dans la ville. Il cite même les démobilisés dans plusieurs cas de cambriolage et de meurtre. La police de son côté reconnaît qu’il y a recrudescence des cas d’insécurité et s’engage à redoubler d’efforts pour sécuriser les personnes et leurs biens. Radiookapi.net fait le point sur cette situation.

Dans les trois communes de la ville de Bukavu, que ce soit à Bagira, à Ibanda ou à Kadutu les habitants se plaignent des cas de meurtres, d’assassinats, de vols à main armée et des tracasseries des hommes armés, parfois en uniformes militaires et qui ravissent téléphones portables , argent et autres objets de valeur aux passants pendant la nuit .
Dernièrement ce sont les habitants du quartier Kasha en commune de Bagira qui ont manifesté. Ils ont fait une marche jusqu’à l’auditorat militaire pour réclamer que justice soit faite car la police venait d’arrêter des présumés assassins d’un habitant de ce quartier, le procès est en cours …
Dans d’autres communes ce sont des plaintes de la population qui se demande à quel saint se vouer.

Un habitant s’exprime : « C’est à Muhungu où il y a beaucoup plus de cas de tueries. Cette situation vient de ce que les autorités s’occupent peu de la prise en charge des militaires. Parceque, si les militaires recevaient une solde suffisante, les civiles ne les utiliseraient pas pour des sales besognes de tuer et voler les gens pendant la nuit. Je me demande pourquoi les militaires qui sont très proches de ce quartier et d’autres qui logent même dans ce quartiers, ne peuvent pas intervenir lors des attaques. Que les militaires soient bien payés et que les habitants aient un peu plus d’amour entre eux. Si c’est possible, que chaque habitant aie une arme dans sa maison pour se défendre ! »

Pour certains, ce cette situation de pauvreté, c’est la jalousie, le manque de travail, l’exode rural et surtout l’irresponsabilité de l’Etat. Ecoutons les propos de ces hommes rencontrés dans la commune de Kadutu et celle d’Ibanda.

Un habitant de Kaza Roho au quartier Panzi : « je pense que l’insécurité vient également des habitants entre eux à travers la jalousie. Entre voisins, entre frères. Car aucun militaire ne saurait qu’il y a de l’argent chez telle personne s’il n’est pas guidé… »

Un autre renchérit : « les assassinats et vols sont devenus le vécu quotidien chez nous. Les autorités négligent la situation car les coupables ne sont pas punis. On les arrête aujourd’hui et on les relâche demain. Que si les premiers étaient bien punis, les autres ne commettraient plus ces actes. »

Qu’est-ce qui se fait du côté des autorités locales pour combattre cette insécurité?

Le conseil urbain, les bourgmestres des trois communes de la ville, la police tous s’étaient réuni pour réfléchir sur la question. Parmi les résolutions prises, ils ont initié une patrouille mixte police – population. Des sifflets ont été distribués aux jeunes pour donner l’alerte lors des attaques. Mais cela semble ne pas rencontrer l’assentiment des jeunes qui déplorent l’incompétence de l’Etat.

Un jeune s’exprime là dessus : « Quand un jeune va faire la patrouille nocturne, il s’expose aux voleurs. Les voleurs sont bien armés pendant que les jeunes n’ont que machettes et bâtons. Les jeunes passent la nuit dehors pendant que nous n’avons aucune formation, aucune technique. Si c’est le tour du jeune élève ou étudiant de faire la patrouille, et que le lendemain il a à passer une interrogation, aura-t-il le temps de lire ses notes ? Je me demande si le travail de ces jeunes c’est alors de lire leurs notes pour préparer leur avenir ou si c’est d’assurer la sécurité dans leurs quartiers pendant la nuit. Pour moi, l’Etat devrait donner une bonne solde aux militaires pour qu’ils fassent très bien leur travail d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens !»

Et la police qui est sensé assurer la sécurité, que dit-elle de cette situation ?

L’inspecteur provincial adjoint de la police chargé de l’administration et logistique au Sud Kivu reconnaît qu’il y a en effet recrudescence de l’insécurité dans la ville depuis plus de deux semaines. Il a promis que des stratégies sont entrain d’être mises sur pied pour combattre cette insécurité. Il demande aux autorités politico administratives de base et à la population de dénoncer les cachettes des malfrats pour mieux les traquer.

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