Ambiance particulière ce lundi 26 janvier à Kinshasa. Dans plusieurs coins de la capitale, une rareté des véhicules de transport en commun (bus, taxis-bus et motos) a été observée. Conséquence directe : de nombreux habitants ont opté pour la marche à pied. À l’origine de cette situation, le contrôle routier annoncé par le gouverneur de la ville.
La mesure de contrôle des documents de bord des véhicules de transport en commun a poussé les conducteurs non en règle à garer leurs véhicules. Certains chauffeurs en ordre déplorent les embouteillages occasionnés par ces contrôles, tandis que d’autres regrettent la courte période de courtoisie observée en décembre dernier, durant laquelle aucun contrôle n’avait été effectué.
Des arrêts bondés et des prix en hausse
Ce matin, les arrêts de transport en commun étaient bondés de personnes en attente d’un hypothétique bus, taxi ou moto. Dans plusieurs communes, les rares véhicules qui se présentaient provoquaient de véritables batailles entre passagers pour accéder à bord. Comme il fallait s’y attendre, les prix des transports ont grimpé.
Face à cette situation, certains Kinois ont résolu de marcher à pied pour atteindre leurs destinations. Une dame, partie de l’UPN dans la commune de Ngaliema pour rejoindre Kintambo Magasin, a dû, faute de transport en commun, poursuivre son trajet à pied sur une distance d’au moins 14 kilomètres.
Ces contrôles ont occasionné aussi des embouteillages dans certains coins de la ville.
Un conducteur de bus, communément appelé « 207 », en règle avec tous les documents exigés, témoigne :
« Moi je suis en ordre avec tous les documents, c’est pourquoi j’ai pu sortir. Mais comme nous sommes bloqués dans les embouteillages, nous ne savons pas à quelle heure nous allons arriver aujourd’hui. »
Regrets et revendications des chauffeurs
Certains conducteurs dénoncent la fin prématurée de la période de courtoisie routière accordée en décembre :
« Ce mois de décembre par exemple, on nous avait accordé la courtoisie routière. Le mois de janvier n’est même pas terminé, vous commencez déjà le contrôle des documents. »
D’autres chauffeurs exigent enfin que les contrôles routiers soient accompagnés de la réhabilitation des routes. Ils constatent qu’après avoir payé les taxes, leurs véhicules continuent d’être endommagés par l’état dégradé des infrastructures routières.
Pour sa part, la Coalition de la société civile pour la promotion et la protection des droits économiques, sociaux et culturels (DESC) juge excessives les nouvelles mesures relatives au contrôle des permis de conduire, au contrôle technique et à la vignette à Kinshasa.
Dans une déclaration rendue publique ce lundi, son coordonnateur, Jean Bosco Puna, estime que ces dispositions risquent d’avoir de lourdes conséquences économiques et sociales pour les conducteurs et pour le secteur du transport en général. Il invite le gouvernement provincial de Kinshasa à suspendre l’application de ces obligations, le temps de régler certains préalables, notamment la réhabilitation de la voirie urbaine, qu’il considère comme indispensable avant toute exigence supplémentaire envers les conducteurs.







