Assemblée nationale : se joignant au MLC, l’ODR suspend ses activités parlementaires

Procès de Daniel Boteti, vice-président de l'Assemblée provinciale

Procès de Daniel Boteti, vice-président de l'Assemblée provinciale

L’Ordre des Démocrates Républicains, plate-forme de l’opposition, suspend sa participation aux activités parlementaires, et l’Assemblée provinciale se constitue partie civile dans le cadre du procès sur l’assassinat de son vice-président.

En réaction à l’assassinat de Daniel Boteti, vice-président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, l’Ordre des Démocrates Républicains (ODR) vient de rejoindre le MLC en suspendant sa participation aux activités parlementaires de la République. L’ODR compte huit partis politiques avec 18 députés à l’Assemblée nationale. Ce parti a suspendu sa participation dans toutes les institutions issues des élections au niveau nationale.

Dans une déclaration commune rendue publique ce lundi après-midi au Palais du peuple, le président de ce groupe parlementaire annonce qu’il décrète une journée ville morte le jour de l’enterrement du défunt. Roger Lumbala demande au gouvernement de punir les commanditaires de cet assassinat : « Le groupe parlementaire Ordre des démocrates républicains décide de la suspension des activités parlementaires de ses membres, décrète une journée ville morte le jour de l’enterrement de l’honorable Daniel Boteti. L’ODR demande à la population congolaise de se mobiliser comme un seul homme afin de barrer la route aux ennemis de la démocratie en République Démocratique du Congo. L’ODR exige que la justice soit rendue et que le véritable commanditaire soit sévèrement puni. »

Assassinat du député Boteti : réactions du RCD et de l’ARC

Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) d’Azarias Ruberwa se dit consterné de ce meurtre. Il condamne le gouvernement de ne rien faire pour sécuriser le périmètre de l’ex hôtel Okapi.

Quant à la suspension de la participation du MLC dans les institutions, Matadi Nenga la qualifie de positive et estime que cette position est aussi celle de toute l’Opposition parlementaire : « Le ministère de l’Intérieur ne fait rien. La police ne fait rien du tout, parce que c’est les mêmes événements qui se répètent. Et moi, je pense très sérieusement que la position du MLC est une position, à mon avis, positive pour amener le gouvernement à réagir », fait remarquer Me Matadi Nenga, cadre du RCD.

rnDe son côté l’ARC, parti membre de l’AMP, se dit révolté et préconise la démilitarisation de l’espace de l’ex Hôtel Okapi. « Que fait exactement le gouvernement pour sécuriser le périmètre de l’ex hôtel Okapi, car on n’en est pas au premier assassinat au même endroit ? , s’interroge pour sa part le député Boris Mbuku Laka de l’Alliance pour le renouveau du Congo.

L’honorabe se dit se dit révolté par cet assassinat. Selon lui, il faut que ce lieu soit débarrassé de beaucoup d’hommes en armes qui y ont élu domicile ou les encadrer. Quant à la suspension du MLC des institutions, Boris pense qu’elle constitue un coup dur à l’efficacité de l’Assemblée nationale.

Le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, a fait savoir que les bureaux des deux chambres du parlement vont se réunir pour pencher sur ce dossier.

L’Assemblée provinciale se constitue partie civile au le procès de l’assassinat de Daniel Boteti

C’est ce qu’on peut retenir de la réunion extraordinaire tenue ce lundi par les députés provinciaux à l’hôtel de ville de Kinshasa. Elle recommande par la même occasion à l’autorité provinciale de sécuriser sa population.

Henry Itoka, rapporteur de l’Assemblée provinciale, annonce aussi la mise en place d’une commission d’information : « Il a été décidé la mise en place d’une commission d’information pour rapporter les véritables faits qui ont entouré cette mort méchante et non attendue par la population kinoise. L’assemblée provinciale de Kinshasa se constitue partie civile au procès ouvert, et les avocats ont été notifiés quant à cela. L’Assemblée provinciale de Kinshasa recommande à l’exécutif provincial de prendre toutes les mesures qui s‘avèrent indispensables, et dans les meilleurs délais, pour la sécurisation de la population kinoise en général et celle de Ngaliema en particulier. Et elle demande le délogement de toutes les personnes inciviques qui occupent, dans cette partie de la ville de Kinshasa et de manière anarchique et cavalière, les résidences abandonnées par les anciens dignitaires de la deuxième République. »