Rentrée scolaire : 1er septembre, pas de cours dans les écoles publiques

Elèves dans une école de Saombi

Elèves dans une école de Saombi

La mesure de non reprise de travail a été prise vendredi dernier par les enseignants des écoles publiques réunis en assemblée générale à Kinshasa. Radiookapi.net s’est penché sur la situation pour tenter de comprendre qu’est ce qui motive ces perturbations avant chaque rentrée scolaire.

Pour les enseignants et leurs syndicats, il n’y aura pas de reprise des cours le 1er septembre prochain comme prévu. Cette situation se répète chaque début d’année depuis maintenant quatre ans. Des enseignants, avec leurs syndicats, posent des préalables avant de reprendre la craie. Le gouvernement tente de résoudre le problème en donne des promesses. Finalement les cours commencent après quelques jours de grève. C’est devenu une rituelle.
« Ce sont des revendications traditionnelles, des revendications bien connues… » C’est en ces termes que les syndicats des enseignants expliquent leur mouvement de grève à chaque début d’année scolaire. Cette attitude a pris corps au lendemain des assises de Mbudi en 2004. Et depuis lors, les enseignants ne jurent plus que par l’application du « Barème de Mbudi ». En réponse, le gouvernement s’était engagé à appliquer ce barème mais par palier. En juillet 2007 des négociations ont été engagée entre le gouvernement représenté par les ministres de l’EPSP, du budget, de la Fonction publique ainsi que du travail et de la prévoyance sociale et le syndicat des enseignants. Qu’est ce qui était sorti de ces négociations ?

Jean-Pierre Kimbuya, secrétaire général du syndicat nationale des enseignants du Congo, Syeco: « La consolidation du traitement de base, le huissier n’avait que 864 Franc congolais, comme traitement de base, le huissier a maintenant 35 000 Franc congolais comme traitement de base, l’enseignant du secondaire le plus gradé qui avait 4144, qui maintenant a autour de 51 000. » rnC’est ce salaire là que perçoivent régulièrement les enseignants, jusqu’à ces jours. Confirmation d’un enseignant : « C’est le même salaire que nous sommes entrain de percevoir jusqu’à ce jour, depuis le mois de juillet 2007, ça ne bouge pas et ça ne descend pas. »

Mais, s’il en est ainsi pourquoi des agitations à la rentrée scolaire ?

D’aucun pensent alors que les syndicalistes n’agissent surtout que pour leur profit : « les camarades syndicalistes sont plus instrumentalisés, ceux qui se font corrompre, ils sont bien connus et par tous les agents et fonctionnaires de l’Etat. Nous ne sommes pas dans ce cas là, c’est vrai que les négociations, quand on va négocier le jeton existe. » rnToutefois, la revendication des enseignants est légitime, que le gouvernement prenne ses responsabilités.

Anapeco : «… qu’on nous laisse nous parents et enfants loin du stress qu’on nous crée à chaque rentrée… »

Les premiers à être touché par cette situation à chaque début d’année scolaire ce sont les parents d’élèves qui déjà ont du mal à assurer avec sérénité la rentrée scolaire des enfants. Ainsi, ils ne demandent qu’une chose. Que l’employeur s’entende bien avec ses employés pour éviter de leur faire revivre les scènes des années antérieures. On écoute le président de L’anapeco, l’Association nationale des parents d’élèves du Congo, Thaddée Onokoko : « depuis 3 ans qu’on nous habitué à chaque rentrée à ces menaces ça devient cyclique et c’est embêtant. Je crois que il y a lieu que les syndicalistes s’entendent bien avec leur employeur, et qu’on nous laisse nous parents et enfants loin des stress qu’on nous crée à chaque rentrée et j’espère que le ministère qui a déjà commencé les discussions s’aura arriver à une conclusion heureuse. Le droit à la grève, c’est le droit de tout employé, mais je crois qu’il y a lieu de mettre une forme de bémol sur certaines choses et que tout en défendant ses droits que l’on voit également comment on peut se concentrer pour la reconstruction du pays. »

Le ministre de l’EPSP : « il y a un paquet de décisions qu’on pourra présenter au public. »rn rnFace à ce tableau, radiookapi.net a joint le ministre de l’Enseignement primaire secondaire et professionnel, EPSP, afin de savoir comment attend-t-il désamorcer la crise pour que la rentrée scolaire 2008-2009 ne souffre pas des perturbations. Maker Mwangu nous parle selon lui du vrai problème : « Le vrai problème ce que, la première chose tel que je peux le dire c’est la démocratie. Les gens sont libres de s’exprimer. Moi je regrette seulement que l’on considère l’enseignement comme un maillon faible. Et nous considérons quand même que c’est le jeu politique, excusez moi, qui essaie de prendre en otage l’éducation, ce n’est pas normal qu’à chaque rentrée qu’il ait tout le temps des problèmes alors que le dialogue, il est permanent. On essaie par tout le moyen de résoudre un certains nombres de problèmes. Je sais que ce n’est pas un pays extra terrestre, le pays est là, il rencontre des difficultés, il ne faut pas non plus considérer le secteur de l’éducation d’une manière isolée, il est là, il vit dans un environnement social, un environnement économique, un environnement financier et tout ça c’est connu de tout le monde. Je vous dis nous travaillons vraiment en partenariat avec tout le monde, les associations des parents, les associations syndicales et puis les spécialistes de l’éducation, avant la rentrée en tout cas, il y a un paquet de décisions qu’on pourra présenter au public. »

Tshikapa : que les enseignants fassent leurs revendications tout en dispemsant les cours

La rentrée scolaire sera effective le 01 septembre 2008 dans toutes les écoles publiques de la province éducationnelle Kasai Occidental 2. La décision a été prise samedi par les membres de la commission permanente. C’était à l’issue de la réunion tenue à Tshikapa pour évaluer les résultats des mouvements de grèves antérieures. Pour les participants à cette réunion, les enseignants doivent revendiquer tout en donnant cours.

Les participants à cette réunion se sont décidés à parler un même langage à travers leur province éducationnelle. Selon l’abbé Henry Benda, coordinateur des écoles conventionnées catholiques il s’agira d’éviter la dispersion de décisions comme ce fut l’année passée où les cours se donnaient à Mweka alors qu’à Tshikapa c’était la grève.

Selon le chef de division de l’EPSP2, les partenaires de l’Education ont déduit que les grèves à répétition perturbent le calendrier, les élèves terminent les années scolaires sans terminer les programmes. Ainsi selon Constantin Manjolo, tous ont été unanimes pour que les enseignants fassent leurs revendications tout en organisant des enseignements.

Présents à cette réunion, les représentants de deux syndicats de l’EPSP ont encouragé le point de vue des autres participants dans la mesure où d’après eux, les représentations nationales du Syeco et Synecat n’ont choisi que la dernière semaine des vacances pour revendiquer au lieu de le faire au cours de toute l’année scolaire écoulée.