Cette situation est consécutive à la grève déclenchée la semaine dernière par les agents de la Société nationale de chemins de fer du Congo (SNCC). Près de 2 000 voyageurs et 4 trains courriers sont bloqués à la gare du territoire de Kamina, dans la province du Katanga. Les autorités territoriales de la place redoutent le pire, au regard des conditions hygiéniques dans lesquelles se trouvent ces voyageurs, rapporte radiookapi.net
Il s’agit du train «Diamant de luxe», à destination de Mwene-Ditu, au Kasaï-Oriental où il était attendu vendredi, et de trois autres trains courriers en provenance du Nord-Katanga. L’administrateur du territoire de Kamina indique que les voyageurs de ces quatre embarcations vivent dans des conditions déplorables. Un des passagers témoigne : « La situation est désespérée parce qu’il y a ceux qui n’ont pas de quoi manger. Ça fait quelques jours, ils ne savent pas à qui s’adresser, il y a des personnes malades, surtout des personnes âgées. Quand vous passez à la gare, vous les trouvez, elles sont étalées, elles ne savent pas à quel saint se vouer. » Ce lundi matin, l’administrateur du territoire de Kamina a initié une réunion de concertation avec les délégués syndicaux du personnel SNCC de la place pour étudier les possibilités de libérer les trains courriers, conformément à l’appel lancé par la direction syndicale à Lubumbashi.
Par ailleurs, sur la même voie ferrée, les sources font état d’un cinquième train bloqué à la gare de Tenke, à près de 200 kilomètres de Lubumbashi, dans la même province du Katanga. C’est un train marchandises à destination de Kamina, et ayant à son bord une dizaine d’étudiants. Ceux-ci ont manifesté dimanche à la gare contre ce blocage. Selon le chef de poste d’encadrement de Tenke, les policiers en patrouille ont arrêté quatre de ces étudiants dans la nuit de samedi. Ce qui aurait aussi attisé la colère de leurs collègues. Mais le calme est revenu.
Conséquences de la grève au Kasaï-Orental
Les conséquences de cette grève se font sentir au Kasaï-Oriental. Le train «Diamant de Luxe» en provenance du Katanga pour Mwene-Ditu est bloqué à Kamina. Même situation pour le train Colombe en provenance de Kananga pour Lubumbashi, via Mwene-Ditu. Une situation qui laisse des centaines de passagers à destination de Mwene-Ditu à la belle étoile, dans des conditions déplorables depuis 5 jours. Témoignage d’un parent dont les enfants sont bloqués à Kamina : « A Kamina, ils sont bloqués depuis jeudi soir, avec beaucoup de promesses qu’ils seront libérés. Jusqu’aujourd’hui ils sont encore à Kamina. Depuis qu’il y a d’autre message, soit disant que M. Claes a demandé aux travailleurs de reprendre, il n’y a rien qui bouge à Kamina. Et, nous avons des enfants qui étaient allés en vacances, il y a la rentrée scolaire, des pasteurs qui venaient en mission. Ils sont même hospitalisés, on ne sait pas jusque là ce qui va se passer. A Mwene-Ditu, c’est depuis jeudi, les quelques passagers se rendant à Lubumbashi sont bloqués à la gare SNCC. Ils passent la nuit à la belle étoile, il n’y a rien qui bouge à la gare. ».
D’autres conséquences sont observées dans la même province à la suite de cette grève, notamment la hausse des des prix des produits alimentaires et l’afflux des wagons de marchandises non débloqués dans la gare de Mwene-Ditu.
La grève se poursuit à Lubumbashi
Malgré le retour annoncé de M. Claes aux commandes de la SNCC, le personnel de Lubumbashi refuse de reprendre le travail aussi longtemps, dit-il, que toutes ses revendications ne sont pas prises en compte par le gouvernement de Kinshasa. C’est ce qui est ressorti de l’assemblée générale tenue ce lundi matin par les agents de la direction générale de Lubumbashi. D’après Umba Ilunga, président de la délégation syndicale, malgré le retour de M. Cleas, les agents exigent le départ des membres du conseil d’administration et le paiement de deux mois d’arriérés de salaire. « Nous avons présenté trois revendications : les agents demandent le départ du conseil d’administration et des membres du comité de gestion, disons, de la partie congolaise. Ils doivent partir, parce que c’est eux qui sont à la base du départ de M. Claes », a déclaré le syndicaliste Umba Ilunga. « Et puis, ils exigent deux mois d’arriérés de salaire avant de démarrer le travail », a-t-il ajouté. « Vous savez, nous sommes dans un Etat de droit. On doit quand même cette fois-ci honorer et respecter les cheminots. Je pense que nous avons un chemin de fer le plus long d’Afrique centrale, peut-être beaucoup de gens ne le savent pas, mais nous sommes les plus mal payés. Les agents ne peuvent pas travailler sans manger, c’est tout à fait normal, un ventre affamé n’a point d’oreilles », a expliqué le syndicaliste, précisant qu’il la signifié à M. Claes qu’il doit apporter aux agents leur argent et qu’il doit aussi faire comprendre au gouvernement qu’il ne peut plus travailler les mêmes personnes qui ont torpillé son action.
« Bukavu et Kindu attendent un mot de Lubumbashi
A Bukavu, au Sud-Kivu, les agents de la SNCC poursuivent leur mouvement de grève ce lundi. Selon le délégué principal syndical de la SNCC Sud-Kivu, les travailleurs attendent le mot d’ordre de la direction syndicale de Lubumbashi pour une reprise des activités. Même attitude à Kindu, dans la province de Maniema où les agents ont quand même accueilli avec joie le retour de M. Claes. Ils exigent toutefois que celui-ci dise la vérité sur les véritables raisons de sa démission.







