RDC : Antoine Gizenga démissionne

Antoine Gizenga, ancien premier ministre de la RDC

Antoine Gizenga, ancien premier ministre de la RDC

Le Premier ministre congolais, Antoine Gizenga a remis ce matin sa lettre de démission au président de la République. Dans une déclaration diffusée dans la journée sur la chaîne publique, la Radiodiffusion et télévision nationale du Congo, Antoine Gizenga dit attendre la réponse du chef de l’Etat. Ci-dessous la déclaration du Premier ministre, recueillie par radiookapi.net

« On peut aujourd’hui affirmer que, le pays commence à reprendre le bon cap et à connaître une vraie dynamique de redressement et de refondation. Il faut tenir bon et avancer avec détermination. Cependant, pour tout homme, même si l’esprit peut encore être sain et alerte, le corps physique a ses limites dont il convient de tenir compte. C’est pourquoi, après près d’un demi siècle de lutte pour la cause nationale, et plus de 600 jours d’exercice de fonction de Premier ministre, chef du gouvernement, j’ai décidé en ce jour, de présenter ma démission de ce poste auprès du Président de la République, chef de l’Etat. J’ai déposé la lettre y afférente ce jour, à 10h. Nous aurons la réponse du Président de la République lorsqu’il lui plaira de nous la faire savoir. »

Que prévoit la Constitution en cas de démission du premier ministre ?rn Antoine Gizenga 84 ans d’age et secrétaire général du Parti Lumumbiste a dirigé l’exécutif national pendant prés d’une année et demi.
Selon l’article 78 de la constitution, le premier ministre met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du gouvernement.
A l’article 147, lorsque l’assemblée nationale adopte une motion de censure, le gouvernement est réputé démissionnaire. Dans ce cas, le premier ministre remet la démission du gouvernement au président dans les vingt quatre heures.

De l’avis des constitutionnalistes, la Constitution ne prévoit pas la démission du premier ministre seul. la démission d’Antoine Gizenga implique donc automatiquement celle de son équipe. Il appartient donc au président de la république de désigner un nouveau premier ministre au sein de la majorité, sinon un informateur ayant pour mission d’identifier une coalition.

Antoine Gizenga démissionne au moment où le pays est secoué par plusieurs problèmes, notamment la reprise de la guerre dans les Kivu et la montée de la grogne sociale.
S’exprimant le mercredi dernier dans l’émission Dialogue entre congolais de Radio Okapi, le président de l’Assemblée nationale avait annoncé que son institution attendait interpeller le chef du gouvernement au sujet de ces questions. Et si les explications ne s’avéraient pas convaincantes, disait Vital Kamerhe, cette interpellation pourrait aboutir à la “chute du gouvernement.”

Pour l’heure Gizenga va continuer à exercer jusqu’à ce que le président de la république ne prenne acte de la démission.

L’UDPS : la démission était attendue

A l’Alliance pour la majorité présidentielle, cette démission est constitutionnelle et ne fait nullement suite à la pression des doléances des Congolais.
Toujours dans le registre des réactions, l’opposition extra parlementaire estime que cette démission était prévisible. Valentin Mubake de l’Union pour la démocratie et le progrès social, s’étonne que cela ait pris plus de temps que prévu. Il souligne que cette démission n’apportera pas une solution aux desiderata du peuple congolais. Pour Valentin Mubake, c’est une question du manque de leadership à la tête de la RDC.

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