Un calme précaire continue de régner dans le territoire de Rutshuru, mais la population de cette région de la province du Nord-Kivu vit dans une misère indescriptible à la suite de la dégradation continue de la situation socio-économique. Les activités agricoles et commerciales, notamment, sont bloquées, rapporte radiookapi.net
A Kiwanja et à Rutshuru-centre par exemple, les habitants n’attendent que l’assistance humanitaire pour leur survie. La paralysie est totale ou presque. Pas d’école ni de marché. La plupart des boutiques et autres entreprises commerciales avaient été pillées par des hommes en arme. Les paysans n’ont plus accès à leurs champs et vivent dans la crainte pour leur sécurité.
Le centre commercial de Rutchuru qui relie la ville de Goma au Grand Nord, à savoir Butembo et Beni, connaît une crise économique sérieuse. Le prix d’achat et du transport sur cet axe a triplé. Le voyage à bord du minibus entre Goma et Kiwanja qui coûte habituellement 3 USD par passager, est passé à 10 USD. A bord du camion, le prix est passé de 2 à 5 USD. Et, le mouvement des véhicules a sensiblement diminué. Ne sont visibles devant les domiciles que quelques rares étalages de produits vivriers.
Les habitants de la région qualifient cette situation d’insupportable. Ils n’ont qu’un seul souhait : le rétablissement de la paix pour qu’ils se prennent eux mêmes en charge.
Massacre de Kiwanja : les femmes du Nord-Kivu décrètent une journée de deuil
Le regain de la tension entre les FARDC et le CNDP continue de mobiliser les habitants de la province. Près d’un millier de femmes issues de toutes les couches sociales de Goma ont organisé ce vendredi dans la matinée une cérémonie de deuil en mémoire de toutes les victimes de la guerre qui sévit à l’Est du pays, notamment les victimes de Kiwandja et de Rusthuru. La cérémonie a eu lieu devant le l’Unité. Les étaient toutes vêtues en tenue noire, symbole d’un deuil. A tour de rôle, les représentantes de chaque communauté religieuse présente ont éploré la grâce de Dieu pour que les armes se taisent au Nord-Kivu. La plupart portaient des calicots et des papiers sur lesquels on pouvait lire, notamment : « Nous en avons marre ! Trop c’est trop ». « Il est temps d’agir. » Ou, « Nous pleurons nos enfants tués à Kiwandja et à Rutshuru. Nous n’y sommes pour rien, pourquoi autant de massacres ? »
Autant de messages que les femmes de Goma tenaient à transmettre aux autorités congolaises, aux belligérants et à la communauté internationale. Au cours de cette cérémonie, la plupart ont fondu en larmes. Beaucoup d’entre elles disent avoir perdu l’un ou l’autre parent. Les manifestantes ont promis de continuer leurs actions jusqu’à ce que les décideurs et la communauté internationale entendent leurs pleurs.









