Lubumbashi : les Cliniques universitaires traduites en justice pour homicide volontaire

La famille d’une malade décédée le 29 décembre dernier aux Cliniques universitaires de Lubumbashi a traduit ce lundi matin ces dernières en justice, devant le Procureur de la République près le Parquet de grande instance de Lubumbashi. Les Cliniques sont accusées d’homicide volontaire de Bintu Kaseya, décédée, des suites d’une forte hémorragie. Ces accusations sont rejetées par le médecin directeur de cette formation de santé.
La famille de la défunte se plaint aussi de l’arrestation « arbitraire » de ses 25 membres après une perquisition à domicile par les éléments de l’Agence nationale de renseignements, rapporte radiookapi.net

La plainte a été déposée devant le Procureur de la République, avec copie pour information au Gouverneur de province, à la Police et aux associations de défense des droits de l’homme. Le premier chef d’accusation concerne l’homicide volontaire. M. Kaseya, père de la défunte, explique : « J’accuse les Cliniques universitaires pour avoir administré à ma fille deux ampoules, Valium, lorsqu’elle avait présenté l’hémorragie. Je retiens l’infraction d’homicide volontaire ». Le docteur Kenge, médecin directeur des cliniques universitaires de Lubumbashi, balaie du revers de la main cette accusation : « Lorsque nous avons parcouru la fiche de la patiente défunte, nous n’avons pas trouvé de traces où elle a reçu du Valium. On a essayé de disperser quelque peu la famille en les envoyant chercher le produit. » rnLa famille Kaseya se plaint également de ce qu’elle appelle « arrestation arbitraire » et violence de la part des agents de l’Agence nationale de renseignements, ANR. Quinze agents armés et sans mandat ont perquisitionné la maison, le samedi dernier, et arrêté vingt-cinq membres de famille, y compris des enfants. Cinq personnes dont deux femmes et trois hommes sont encore détenues au cachot de l’ANR. Contactées à ce sujet, les sources de l’ANR affirment avoir agi dans le cadre de l’enquête. Elles promettent de transférer ces détenus à la justice, ce lundi même.