Fizi : les Maï-Maï Yakutumba intègrent, enfin, les FARDC

Le chef Maï-Maï Yakutumba

Le chef Maï-Maï Yakutumba

Une forte délégation de la Monuc et du commandement Kimia II était la semaine dernière à Fizi, dans la province du Sud-Kivu. Ce déplacement était lié au programme d’intégration au sein des Forces armées congolaises ( FARDC) des ex-combattants Maï-Maï du groupe Yakutumba. D’après le porte-parole de ce groupe, plusieurs de leurs hommes ont commencé à intégrer effectivement les rangs de l’armée nationale et participent même déjà à la traque des FDLR, rapporte radiookapi.net

Pour Asanda Mwenebatu, c’est là le résultat de la rencontre avec la délégation mixte Monuc commandement de Kimia II de la semaine dernière. « Notre souhait ardent était de voir la Monuc venir pour régler la question de principe d’accord par rapport à l’accord de principe sur l’intégration du groupe Yakutumba au sein des FARDC », a souligné le porte-parole de ce groupe. En effet, Asanda Mwenebatu reconnaît que la présence des délégués de la Mission onusienne à la rencontre de Fizi a contribué surmonter les obstacles qui ont fait traîner le processus d’intégration des Mai-Mai Yakatumba au sein de l’armée nationale. Concernant la participation de ce groupe aux opérations de KImia II, la même source a précisé que ce n’était pas une conditionnalité, mais un acte de loyauté.

Les préalables du groupe ont-ils été remplis ?

De son côté, le porte-parole des opérations Kimia II dit apprécier la décision du groupe Yakutumba. Mais, au départ, le groupe Yakutumba qui avait déclaré son intention, dès le lancement des opérations militaires contre les FDLR dans le territoire de Fizi, avait posé des préalables pour son implication totale dans ce programme. Il réclamait le commandement des opérations dans Fizi, un territoire qui était sous son contrôle et l’évaluation des accords signés avec le gouvernement le 23 mars à Goma, au Nord-Kivu, dans le cadre du programme Amani, que le groupe estimait qu’ils n’étaient pas respecté par les autorités gouvernementales. Concernant le commandement des opérations revendiqué, le commandant de Kimia II, le colonel Delphin Kahimbi ne voulait pas en entendre parler. Pour lui, ce groupe Maï-Maï n’avait qu’à se soumettre, comme tous les autres groupes armés, et à présenter ses combattants armés pour leur intégration au sein des FARDC. Et d’après la même autorité militaire, les responsabilités revendiquées par le groupe Yakutumba devraient être proportionnelles au nombre de combattants présentés.

Autre revendication des Maï-Maï Yakutumba qui était partagée par tous les autres groupes signataires des accords du 23 mars, c’était l’exigence de la reconnaissance préalable au sein des FARDC des gardes de leurs officiers avant tout déploiement. La question avait été posée en août dernier pour un groupe d’officiers supérieurs FARDC sortis fin juillet du centre de regroupement de Luberizi dans la cadre du programme Amani. Issus de différents groupes armés signataires des accords dont le groupe Yakutumba, ces officiers avaient été déployés à Nyamunyunyi, dans le territoire de Kabare. Ils refusaient de s’engager dans les opérations militaires contre les FDLR avant la confirmation officielle de leurs grades. Et à cette revendication, le même colonel Kahimbi avait répliqué que l’armée classique avait ses règles et respectait un certain nombre de principes universels. Donc, que chacun des hommes en présence serait apprécié et bénéficierait d’une fonction au regard de ses capacités et son savoir faire sur le terrain.

L’évolution positive reconnue par les responsables de ce groupe qui confirment l’intégration de leurs éléments au sein des FARDC signifie-t-il que les préalables qu’ils avaient posés ont-ils été remplis, ou c’est plutôt le groupe qui s’est incliné à la position du colonel Delphin Kahimbi ?

Fin à une administration parallèle ?

L’intégration du groupe Yakutumba qui contrôlait le territoire de Fizi met-elle fin à une administration parallèle qui s’observait dans certains groupements de ce territoire ? La question vaut son pesant d’or d’autant plus dans le groupement de Babwari, à 60 kilomètres d’Uvira, les éléments du groupe Yakutumba étaient accusés notamment de percevoir en même temps que les services de l’Etat, les taxes. Le groupe imposait des taxes dans plusieurs domaines, entre autres, l’élevage, l’immigration, la navigation et l’environnement.

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