Kevin Kennedy : «l'appui de la Monuc aux FARDC<em> n'est pas un chèque en blanc</em>»

Kevin Kennedy, directeur d'information publique de la Monuc

Kevin Kennedy, directeur d'information publique de la Monuc

Au cours de son intervention à l’émission “Dialogue cntre Congolais”, mardi soir, le directeur de la division de l’information publique de la Monuc, Kevin Kennedy, a donné la position de la mission onusienne sur le rapport d’un collectif d’ONG sur les violations des droits de l’homme dans le cadre des opérations militaires Kimia II au Kivu. Il a plaidé pour la fin de la culture de l’impunité en RDC et la réforme de l’armée, rapporte radiookapi.net

« Il y a des responsabilités qui incombent à la Monuc et celles qui incombent au gouvernement congolais. Nous travaillons avec un gouvernement qui a des responsabilités envers son peuple. Ce que nous apportons en appui à ce gouvernement comporte bien sûr certaines obligations. La Monuc a clairement indiqué aux autorités congolaises que nous leur apportons notre appui, mais ce n’est pas un chèque en blanc. Quand il y a des unités (FARDC) qui se comportent mal, notre soutien pourrait être remis en question. Cependant, il n’est pas seulement question de sanctionner, mais de soutenir les efforts visant à instaurer la discipline au sein de l’armée et d’aider le gouvernement à mettre en place cette politique de tolérance zéro, a expliqué M. Kevin.

Certains commandants devraient être retirés de leurs fonctions

Ce n’est pas la première fois que des ONG dénoncent des abus des hommes en uniformes. Qu’a fait la Monuc en tant que partenaire de la RDC ? «Nous avons créé un réseau et des mécanismes pour trouver des renseignements sur terrain (…) concernant les endroits où se trouvent les populations les plus vulnérables, les régions où il faut concentrer les troupes de la Monuc, les activités des FDLR qui font des représailles sur les populations, mais également sur les comportements des FARDC (…) Selon l’analyse de ces informations, on apporte au gouvernement et aux autorités militaires des recommandations que certains commandants devraient être retirés de leurs fonctions. Ou bien, il doit y avoir des mesures pour combattre l’impunité au sein de certaines unités. Alors, on fait des recommandations, mais nous, nous ne sommes pas le pouvoir souverain au Congo. Le pouvoir souverain, c’est le gouvernement», a répondu le directeur de la division de l’information publique de la Monuc.

Intervenant au cours de la même émission, le député Aubin Minaku, de la majorité présidentielle, a également soutenu l’option des poursuites judiciaires contres les soldats FARDC qui seraient reconnus coupables des abus lors de ces opérations.

Pour a part, porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, crie à la manipulation. Il trouve la publication de ce rapport vise à « décourager nos partenaires de la communauté internationale

Le rapport publié mardi par les 84 groupes d’aide humanitaire et de défense des droits humains porte sur les opérations Kimia II, menées par les FARDC dans les deux Kivu avec l’appui des casques bleus de la Monuc contre les FDLR. Il signale que 1 143 civils ont été tués, dont 10 chefs locaux, 7 000 femmes et filles violées dont la majorité par les FDLR et des soldats FARDC, près de 900 000 civils déplacés, 6 037 logements détruits par le feu…