Le 5ème congrès international sur les maladies infectieuses a ouvert ses portes mercredi à Kinshasa. A cette occasion, le docteur Claire Lise, spécialiste du choléra au siège de l’OMS à Genève, qui participe à ces assises, a lancé un appel au renforcement du contrôle et de la surveillance épidémiologique pour faire face à cette épidémie. Elle a insisté, à radiookapi.net, sur la nécessité d’un système de surveillance plus efficace et constante dans les actions.
«Il faut un effort constant pour lutter contre le choléra et les autres épidémies. C’est ça qui est important si on veut faire passer le message et diminuer l’impact du choléra, et surtout si on veut changer le comportement des êtres humains», a affirmé le docteur Claire Lise ; s’appuyant sur les exemples du Zimbabwe et de la Somalie.
«On a dû courir après l’épidémie. Ce qu’on a vu c’est exactement ce qu’on voudrait éviter parce qu’on sait que le cholera est une maladie qu’on peut prévenir. On peut se préparer pour une riposte efficace», regrette-elle concernant l’épisode l’évolution de la maladie au Zimbabwe. En effet, l’épidémie dans ce pays d’Afrique australe n’a pas pu être jugulée à temps. Sur une durée d’environ 3 semaines, le pays pouvait passer de 190 cas de la maladie (enregistrés à mi-août) à 4 000 cas (à mi-septembre).
Par contre, en Somalie, « malgré la durée relativement longue de la crise dans le pays, on a pu juguler les épidémies de choléra parce qu’on connaissait la dynamique des épidémies. On connaissait que les épidémies commençaient chaque année en novembre ou décembre, jusque qu’en juin. Les agences et le gouvernement ont décidé de faire une action coordonnée et concertée. Leur préparation en amont est intervenait dès le mois de novembre quand ils faisaient des séminaires et de la formation et des campagnes. Navré que les efforts n’ont pas été soutenus par la suite», a-t-elle déploré
Facteurs à risque pour le choléra
Les ingrédients d’une épidémie sont multifactoriels, indique Claire Lise. La communauté, la promiscuité, la pauvreté, l’accès à l’eau insalubre et l’assainissement peu salubre aussi, sont des facteurs à risque pouvant laisser à champ libre à l’épidémie. « Mais, on a également des facteurs qui sont liés à l’individu. Ce sont là les plus grands, les plus difficiles à dresser de manière cohérente et efficace. Puisqu’on sait que le comportement de chaque individu par rapport à l’hygiène personnelle et à la salubrité des aliments, sont des facteurs très importants», renchérit le docteur Lise. A coté de cela, elle cite également les croyances et les habitudes culturelles qui ne sont pas faciles à changer.
Le 5è congrès international est passé, jeudi, à sa deuxième journée. Les différents échanges du jour portent sur les maladies bactériennes et particulièrement le monkey pox. Les congressistes se pencheront, vendredi, sur la maladie du sommeil ou trypanosomiase humaine africaine qui a refait surface vers les années 1990. Le 5ème congrès des maladies infectieuses est une rencontre importante pour la RDC dans la mesure où « la situation de la santé publique reste préoccupante dans le pays», selon de ministre de la Santé publique, Auguste Mopipi. L’homme d’Etat congolais a, en outre, souhaité, lors de l’ouverture du congrès, que ces travaux impriment des améliorations considérables dans le domaine de la santé sur le territoire congolais








