Nord Kivu : Starec, la lenteur des activités inquiète la société civile

La société civile du Nord Kivu a exhorté, lundi, les animateurs du Starec, (le programme du gouvernement pour la stabilisation et le relèvement de l’est de la RDC) à améliorer leur communication afin de mieux faire connaître leurs structures. Le président de la société civile du Nord Kivu, Jason Luneno, l’a déclaré, lundi, au cours de l’émission Dialogue entre Congolais de Radio Okapi. Intervenant dans la même émission, le chercheur belge Xavier Zeebrook a estimé que le défi sécuritaire reste prioritaire pour les populations de l’Est de la RDC.

La visibilité du Starec semble poser problème. Alors que ce programme est à quelques mois de son démarrage, ses structures locales ne sont pas encore mises en place, a indiqué Jason Luneno, président de la société civile du Nord Kivu.
D’après lui, le Starec n’est pas encore connu des populations concernées parce que ses animateurs ne sont pas encore installés. Autre sujet d’inquiétude pour Jason Luneno, c’est le retard observé dans le démarrage effectif des activités de cette structure qui remplace le programme Amani. « Si le Starec a été créé pour une année et qu’on a déjà consommé 4 mois. 6 mois après, on va l’évaluer pour constater qu’il n’a rien produit. Ensuite, on va le dissoudre et on va penser à créer des nouvelles structures. L’essentiel pour nous société civile n’est pas de créer de nouvelles structures. Mais de savoir ce qu’on fait, avec qui et comment on le fait », a-t-il déclaré.
Pour sa part, le chercheur belge Xavier Zeebroek du groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité, (GRIP), a relevé des défis majeurs qu’il ne faudrait pas, selon lui, perdre de vue pour la construction de la paix. D’après ce chercheur, le premier défi est sécuritaire. Il faut d’abord que les populations du Kivu et de l’Ituri essentiellement puissent vivre en paix, c’est-à-dire vivre à l’abri de la menace quasi permanente des exactions, des massacres, des viols comme c’est le cas actuellement, a-t-il indiqué. Il faut également s’attaquer aux problèmes des centaines de milliers des déplacés, au Kivu notamment, a-t-il poursuivi. Xavier Zeebroek a aussi encouragé le gouvernement congolais à se concentrer à la reconstruction de la justice pour faire cesser l’impunité de tous ceux qui commettent des massacres et des viols.
Pour rappel, le week-end dernier, les Nations unies ont annoncé une contribution de 20 millions de dollars américains au Starec.

Le Starec a pris la relève du Programme Amani

Créé par le président Kabila, le Starec a été présenté le jeudi 20 août à Kinshasa. Il concerne la stabilité et la reconstruction de toute la partie de l’Est de la RDC, du Sud-Uéle au Nord Katanga. Le Starec prend la relève du Programme Amani.
Il a trois composantes : la sécurité, l’humanitaire et l’économie. Le volet sécuritaire tient à résoudre la question d’insécurité par le déploiement de la police, l’armée et par la construction des casernes. Il consiste à aider le gouvernement à retrouver ses prérogatives régaliennes par la restauration de l’autorité de l’Etat.
Le volet humanitaire concerne la réinsertion des personnes déplacées. Il faut faire revenir tous les déplacés chez eux et leur trouver des occupations.
Le succès du Starec passe notamment par le renforcement des structures judiciaires et l’installation des tribunaux de paix. Ce programme est prévu pour une année.

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