Référendum constitutionnel au Congo: le oui l'emporte à 92,26% (officiel)

Le ministre congolais de la Communication et de Médias, chargé des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla. Brazzaville le 25 septembre 2015. Photo Radio Okapi/Mimi Engumba

Le projet de nouvelle constitution en République du Congo a été approuvé à 92,26% des suffrages exprimés, a déclaré le ministre de l'Intérieur Raymond Mboulou.

Le taux de participation a été de 72,44%, selon les résultats officiels annoncés mardi à Brazzaville.

« Le projet de texte de nouvelle constitution a été adopté et entrera en vigueur dès sa promulgation par le président de la République », a déclaré sur la télévision publique le ministre de l'Intérieur Raymond Mboulou.

Selon les « résultats globaux à l'échelle nationale » proclamés par M. Mboulou, le oui a obtenu 92,26% des suffrages exprimés, et la participation a été de 72,44%.

« Ces chiffres relèvent de la tricherie », a réagi Clément Miérassa, l'un des chefs du Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), une des deux principales plateformes de l'opposition au référendum.

L'opposition à M. Sassou Nguesso avait appelé à boycotter le scrutin qu'elle qualifiait de « coup d’État constitutionnel ».

« Lorsqu'on a vu ce qu'on a vu le jour du vote, annoncer un taux de participation de plus de 72%, c'est extrêmement scandaleux », a déclaré à l'AFP M. Miérassa, « ce sont des résultats tripatouillés ».

Lundi, un autre chef du Frocad, Pascal Tsaty Mabiala, avait estimé que la participation n'avait pas dépassé « 10% ». M. Sassou Nguesso a subi « un camouflet », avait-il déclaré à l'AFP, « les Congolais ne se sont pas déplacés, c'était le mot d'ordre que nous avions donné ».

« Les résultats sont déjà connus. Tout le monde sait qu'on n'a pas été voté, partout. S'ils inventent des chiffres, cela [sera] ridicule », avait-il mis en garde, annonçant que l'opposition allait « continuer la désobéissance civile ».

La campagne référendaire a été marquée par l'interdiction des rassemblements publics, l'assignation à résidence de certains dirigeants d'opposition, et des violences meurtrières à Brazzaville et Pointe-Noire.

Plusieurs ONG locales et internationales ont dénoncé un climat de "répression" rendant impossible la tenue d'un scrutin dans des conditions démocratiques.

Le projet de constitution soumis au référendum fait sauter les deux verrous interdisant à M. Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat présidentiel en 2016 : la limite d'âge et celle du nombre des mandats.

« Nous prenons note »

« Nous prenons note » des résultats du référendum, a déclaré laconiquement à Paris un porte-parole du Quai d'Orsay, ajoutant que le président français François Hollande avait « rappelé la position de la France la semaine dernière ».

Avant le scrutin, l’Élysée avait redit à propos du Congo que M. Hollande souhaitait d'une manière générale « que les constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables ».

(AFP)

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