Insécurité à Beni : la société civile décrète trois journées « ville-morte »

Un village du territoire de Beni, Nord-Kivu, où des présumés rebelles ADF ont perpétré des massacres contre des civils. Mai 2015. Photo MONUSCO/Myriam Asmani

La société civile d’Oicha dans le territoire de Beni a décrété mardi 1er  décembre trois journées « ville-morte » et de deuil pour dénoncer les atrocités perpétrées par des présumés ADF et leurs alliés, dans cette partie du Nord-Kivu. Cette action a été lancée deux jours après l’attaque de la localité d’Erengeti par des présumés rebelles ougandais. Une attaque qui a fait 24 morts, selon la Monsco.

Des sources locales indiquent que les activités socio-économiques sont aux arrêts à Oicha et ses environs.

Les commerçants ont suspendu leurs activités commerciales durant les trois jours pour pousser les autorités à poursuivre les opérations de traque des rebelles ougandais.

Le personnel soignant de la zone de santé d’Oicha a également adressé un mémorandum au gouverneur de province du Nord-Kivu, dans lequel il demande aux autorités politico-militaires de neutraliser les ADF à Beni. Ils ont décidé de suspendre leurs prestations dans la zone pendant 72 heures.

Une décision qui risque de créer un drame humanitaire, craignent des activistes des droits de l’homme. Ces derniers estiment à plus de 2 000 le nombre de déplacés en provenance d’Eringeti, en majorité des femmes et des enfants, qui vont être affectés par cette mesure.

Selon les initiateurs de ces journées ville morte, cette action permettra de faire le deuil et réfléchir sur la problématique de sécurité dans ce territoire, en proie à l’insécurité.

Le territoire de Beni fait face depuis plusieurs mois à des attaques récurrentes des présumés ADF.

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