RDC : l'ONU appelle au dialogue « inclusif et crédible » pour désamorcer les tensions politiques

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la RDC, Maman Sidikou (à l'écran), s’exprime devant le Conseil de sécurité de l'ONU par vidéoconférence. Photo MONUSCO/James Gadin

Le vice-secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, a appelé toutes les parties à prendre part à un dialogue politique pour éviter que l'impasse actuelle ne dégénère en crise grave. Lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), tenue jeudi 7 juillet à New-York, il a exprimé son inquiétude face à la montée des tensions politiques à l'approche des élections.

Jan Eliasson a déclaré que seul un dialogue « inclusif et crédible » entre les parties prenantes congolaises permettrait de désamorcer les tensions politiques actuelles, surmonter l'impasse électorale et prévenir la violence.

« Un tel dialogue devrait aboutir à un accord inclusif qui pourrait conduire à des élections présidentielles et législatives crédibles », a-t-il dit.

Jan Eliason a déclaré :

« La polarisation et le mécontentement de l'opinion publique sont alimentés par des retards dans le processus électoral, le débat actuel concernant le respect de la Constitution et les restrictions croissantes de l'espace démocratique ».

Il a ajouté que les tensions politiques ne cessent de croître en RDC à l'approche des élections présidentielle et législatives prévues par la constitution du pays.

Selon le vice-secrétaire général de l’ONU, bien que la majorité et l'opposition aient donné leur accord de principe concernant le dialogue politique proposé par le Président Joseph Kabila, il n'existe aucune entente sur les conditions dans lesquelles ce dialogue aurait lieu et qui devrait y participer.

« Des leaders de l'opposition continuent d'exprimer leurs réserves. Ils soutiennent que le dialogue proposé par le président Kabila pourrait conduire à une prolongation de son mandat, au-delà de novembre 2016 », a-t-il poursuivi.

En l'absence de ce dialogue, le vice-secrétaire général a averti que le pays risquait fortement de sombrer dans une crise grave, qui nécessiterait une réponse dépassant de beaucoup les capacités de la MONUSCO.

Il a par conséquent appelé les parties à participer « de manière constructive » au dialogue politique et à « placer les intérêts de leur nation au-dessus de tous les autres ».

M. Eliasson a estimé que le groupe de soutien international aux efforts du médiateur de l'Union africaine en RDC, l'ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo, pourrait permettre de renforcer significativement la confiance dans le dialogue.

A ce titre, le vice-secrétaire général a salué l'annonce récente par le Groupe d'appui de sa volonté d'entreprendre des consultations, de préférence d'ici fin juillet 2016, pour encourager toutes les parties prenantes à participer au dialogue.

Registre électoral fiable

M. Eliasson a par ailleurs déclaré que la mise en place d'un registre électoral fiable permettrait également de désamorcer les tensions et d'ouvrir la voie à des élections transparentes et crédibles.

« La MONUSCO [Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC] apporte une assistance technique et un soutien logistique pour la révision du registre », a-t-il précisé.

Le vice-secrétaire général de l’ONU a ajouté que, à la demande du Conseil, la MONUSCO avait mis à jour ses plans pour gérer les risques de sécurité et surveiller les violations des droits de l'homme dans le contexte des futures élections.

« Ce qui est en jeu ici, au fond, est la stabilité à long terme de la RDC – et vous savez l'importance et la taille de ce pays – et de la région des Grands Lacs", a déclaré M. Eliasson.

« La communauté internationale et les Nations Unies ont énormément investi dans la RDC. Nous devons préserver et capitaliser sur les progrès réalisés », a-t-il fait savoir.​

 

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