Jacques Djoli : «La CENI utilise de manière malveillante les contingences techniques»

Les participants au dialogue politique optent pour la refonte totale du fichier électoral de la RDC. Invité de Radio Okapi lundi 19 septembre, l’ancien vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Jacques Djoli estime que la question du fichier devait se poser au début du processus électoral et accuse la CENI de manoeuvrer pour donner un troisième mandat à Joseph Kabila. Ce qu'il qualifie de violation de la constitution.
 
Radio Okapi : Bonjour professeur Jacques Djoli. Le dialogue recommande que le fichier soit refondu totalement. Ce qui peut prendre seize mois. Est-ce que ce possible, à ce stade, de croire voire les élections s’organiser dans le délai le plus bref ?

Jacques Djoli : La question du fichier électoral ne se pose pas à la fin d’un processus parce que vous savez que nous devons avoir des élections impérativement dans les trois mois parce que le mandat de l’actuel président de la République se termine le, 19 décembre 2016. La question du fichier doit se poser au début du processus.

Radio Okapi : La CENI dit qu’elle fait face à des problèmes techniques qui ne peuvent pas se résoudre par une volonté politiques mais plutôt, par des actions techniques concrètes. Vous avez été vice-président de la CENI, vous savez comment ça fonctionne ?

Jacques Djoli : Les contraintes techniques sont réelles et les contingences logistiques évidentes. Le premier élément à prendre en compte lorsqu’on veut faire la planification électorale, c’est le cadre constitutionnel et juridique. Vous ne pouvez pas faire votre chemin critique sans au préalable prendre en compte le délai constitutionnel. Ce n’est pas aujourd’hui que la CENI sait qu’il faut organiser les élections conformément à, l’article 73 et tous les Congolais savent que l’élection du président de la République doit se faire quatre-vingt-dix jours avant la fin du mandat du président en exercice. Lorsque la CENI utilise de manière malveillante les contingences techniques, le soi-disant délai de seize mois ne repose sur aucun élément sérieux. Lorsqu’on prend dix mois pour l’appel d’offre et le choix du prestataire. Toutes ces opacités jettent le doute sur le caractère sérieux évqoué par la CENI.

Radio Okapi: Les acteurs politiques de la Majorité, de l’opposition y compris de la communauté internationale recommandent que le fichier électoral soit complètement révisé. Devant cette situation de fait accompli, que devons-nous faire ?

Jacques Djoli : Qui a cherché le fait accompli. C’est une politique bien planifiée du fait accompli et d’un coup d’Etat constitutionnel. Il n’y a pas un fichier qui soit corrompu. Il y a mêmes des pays qui organisent les élections sans un fichier électoral comme les cas du Mali, de l’Afrique du Sud. L’actuel équipe dirigeante [de la CENI] qui a fait l’option de fiabilisation du fichier [électoral] et on a dépensé plus de 30 millions de dollars. L’OIF n’a jamais dit qu’il faut faire la refonte totale. Elle nous a présenté trois hypothèses en mars 2016. La CENI a balayé du revers de main ses propositions parce qu’elle avait déjà son schéma. Donc, la CENI a un calendrier qu’elle doit avoir le courage de donner en disant que les élections ne se tiendront pas avant 2018 si pas au-delà de 2020.

Radio Okapi : L’opposition avait refusé depuis de participer au dialogue qui peut-être pourrait amener des solutions à tous ces problèmes ?

Jacques Djoli : Le dialogue doit se faire dans le cadre constitutionnel. Le dialogue ne doit pas remplacer les institutions, ni la constitution. Pourquoi la CENI pouvait conditionner la publication du calendrier par le dialogue. L’opposition a demandé à la CENI de convoquer la tripartite (CENI-Opposition-Majorité) autour du calendrier mais la CENI a voulu faire le jeu de la Majorité pour amener les gens dans un dialogue et obtenir manifestement le glissement qui doit nous amener à une transition sans fondement. La CENI s’évertue, avec le concours des autres compatriotes, à vouloir donner un troisième mandat de fait  à violation de la constitution au président Joseph Kabila.

Propos recueillis par Michel Kifinda:

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