Il y a 20 ans, Mobutu quittait le pouvoir

Le 16 mai 1997, le président Mobutu quitte le pouvoir. Dans la matinée, escortée par la Division spéciale présidentielle, il quitte la ville de Kinshasa avec sa famille. Le vieux leader, miné par la maladie, s’envole pour Gbadolité d’où il partira pour le Togo puis le Maroc. Il ne reviendra plus. C’est la fin de 32 ans de règne sans partage. Aux portes de la ville, les rebelles de l’AFDL entrent à Kinshasa le 17 mai. Laurent Désiré Kabila, leader de ce mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, se proclame dans la foulée président de la République.

32 ans de pouvoir

Arrivé à la tête du pays par un coup d’Etat en 1965, Mobutu Sese Seko aura passé 32 ans au pouvoir. Un pouvoir marqué notamment par l’hégémonie d’un parti le Mouvement populaire de la Révolution (MPR) créé en 1967 et qui sera imposé comme parti unique puis parti-Etat.

Allié des puissances occidentales, Mobutu consolide son pouvoir au cours de deux décennies suivantes.

En pleine guerre froide, le Zaïre de Mobutu est un allié de poids notamment pour les Etats-Unis, la France et la Belgique. Le Maréchal, comme il finira par se faire appeler, se pose en rempart contre le communisme.

Mais au fil des années, le pouvoir autoritaire de Mobutu couplé avec une situation économique de moins en moins bonne (effondrement des cours du cuivre, effet de la Zaïrianisation) crée des mécontentements.

A l’intérieur du pays, une opposition se forme au cours de la décennie 1980. Un parti d’opposition est constitué par d’anciens cadres du MPR conduits notamment par Etienne Tshisekedi.

A (re)Lire: Etienne Tshisekedi, la naissance de l’opposition à Mobutu

C’est finalement le changement du contexte international avec la chute du mur de Berlin qui va contraindre Mobutu a changé de fusil d’épaule. En avril 1990, il annonce la démocratisation. « Je prends congé du MPR », lance Mobutu en larmes.

Fin de règne

La conférence nationale souveraine organisée dans la foulée de l’annonce de la démocratisation permet d’élire l’opposant historique Etienne Tshisekedi Premier ministre. Il ne gouvernera pas longtemps. D’autant que Mobutu revient sur une partie des concessions annoncées au mois d’avril.

 La transition amorcée en ce début de la décennie 1990 va être plus longue que prévue. Elle sera marquée par une opposition politique de plus en plus forte et une détérioration de la situation économique de plus en plus prononcée.

« Notre scénario avait été minutieusement mis au point afin que les règles du jeu soient modifiées dans l’ordre. Mais, en reprenant d’une main ce qu’il avait accordé de l’autre, Mobutu a tout bouleversé. La partie s’est déroulée dans la confusion, il n’y avait plus ni chef ni arbitre », commente Nkema Liloo, ancien conseiller de Mobutu cité par Colette Braeckman dans « Le Dinosaure ».

La succession des Premiers ministres ne mettra pas fin à cette confusion.

En octobre 1996, une rébellion soutenue par des pays étrangers comme le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda et conduite par Laurent-Désiré Kabila va conquérir peu à peu tout le territoire national face à une armée nationale en débandade.

Malade, Mobutu passe le clair de son temps en Europe pour se faire soigner.

Fatigué, usé par le pouvoir, lâché par ses soutiens occidentaux et rejeté par une grande partie de l’opinion, Mobutu est obligé de quitter le pouvoir ce matin du 16 mai 1997 quand il accepte bien malgré lui de monter dans l’avion. Les nouveaux maîtres du pays font leur entrée à Kinshasa le 17 mai. La fin d’un régime incarné par un homme qui, aux dires mêmes de son dernier de cabinet, a fini par se convaincre qu’il était « une incarnation du Zaïre ».

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