RDC: 6 militaires congolais tués dans des affrontements avec l’armée rwandaise

Six soldats de la République démocratique du Congo ont été tués mercredi dernier dans des combats pour repousser une incursion de soldats rwandais sur le territoire congolais, a indiqué vendredi 16 février le commandant des opérations Sokola 2, au Nord-Kivu, le général Bruno Mandevu.

L'armée congolaise a enregistré «au total six morts dans ses rangs et quatre blessés dont deux graves», a déclaré à la presse le commandant de l'opération Sokola 2, chargée de la traque des rebelles hutu rwandais de Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

«Alors que nous avions observé l'ordre de cesser le feu venu de Kinshasa, à la demande des autorités militaires de Kigali, les soldats rwandais ont continué de tirer, faisant ces victimes dans nos rangs», a expliqué le général Mandevu.

«Des troupes rwandaises avaient occupé trois positions sur le territoire congolais et y ont creusé des trous de fusiliers, ce qui signifie qu'ils étaient venus pour faire la guerre», a-t-il ajouté.

Incursion rwandaise

Pour le général Bruno Mandevu, l’armée rwandaise a fait une incursion sur le sol congolais. Devant la presse, il a montré des images et coordonnées géographiques, pour préciser que l’armée rwandaise était bel et bien sur le territoire congolais.

Ces informations et coordonnées géographiques sont corroborées par l’Institut congolais pour la conservation de la nature, après investigation sur le terrain à Sabinyo et Visoke, où les affrontements ont eu lieu le 13 février dernier.

«Est-ce que là-bas il y a un village Mutara ? Au lieu qu’ils disent que les FARDC ont violé en traversant dans leur territoire ou dans le parc des Volcans, ils nous parlent de Virunga. Nous, Virunga c’est notre parc et nous sommes dans notre territoire. Ce sont des choses qu’ils voulaient maquiller, ou fabriquer les histoires», a affirmé le général Mandevu.

Il a fait savoir que l’armée congolaise est professionnelle et «travaille dans les normes.»

«Chercher l’ennemi là où il se trouvait avec des coordonnées précises, ils arrivent, il y a eu contact, sans toutefois, aller ni gauche ou droite pour qu’ils disent qu’il y a violation. Nous avons attaqué pour mettre hors d’état de nuire l’ennemi qui occupait notre territoire. Et ça, on ne peut pas tolérer. Et j’avais même dit au mécanisme [de la CIRGL] et aux autres, que les rwandais doivent quitter le territoire congolais», a ajouté le commandant de l’opération Sukola 2.

Tout en décrivant la situation dans la zone, il indique que seuls les résultats de l’enquête de la Conférence internationale pour la région des Grands lacs (CIRGL) permettront de faire la lumière sur le sujet.

Le Rwanda dément

Dans un communiqué, le ministère rwandais de la Défense a indiqué jeudi soir qu'il avait chargé le Mécanisme de vérification conjointe (EJVM) - une équipe d'enquête régionale - d'enquêter sur les circonstances dans lesquelles les forces congolaises ont attaqué mardi la base de l'armée rwandaise en territoire rwandais.

«L’armée rwandaise vient d'informer l'EJVM des faits portant sur la violation du territoire rwandais par l’armée congolaise et sur une attaque contre une position de l'armée rwandaise dans le district de Musanze dans le secteur de Shingiro (...) L’armée rwandaise a défendu ses positions depuis le Rwanda et non depuis la RDC comme il a été faussement indiqué», peut-on lire dans ce communiqué.

Mercredi, les Forces armées de RDC avaient fait état de violents combats au pied du mont Mikeno près de la frontière avec le Rwanda. L'armée congolaise a accusé des troupes régulières rwandaises d'avoir occupé des positions «à l'intérieur des frontières congolaises.»

Créées en 2000, les FDLR sont des rebelles hutu rwandais opposés au régime de Paul Kagame au pouvoir à Kigali depuis la fin du génocide contre les tutsis de 1994, auquel ont participé les membres fondateurs hutus des FDLR.

L'Est congolais est déchiré par des conflits armés depuis plus de vingt ans. Des dizaines des groupes armés soutenus parfois par des pays voisins se battent pour le contrôle des zones riches en ressources naturelles.

Avec l’AFP.

 

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