Lutte contre Ebola en RDC : « les signaux sont positifs », affirme l’OMS un mois après la déclaration de l’épidémie


Un mois après la déclaration de l’actuelle épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, la riposte change de cap et se déplace des zones urbaines vers les endroits les plus reculés, a déclaré l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« Il est beaucoup trop tôt pour déclarer victoire, mais les signaux sont positifs et nous sommes prudemment optimistes », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS.
Selon l’agence onusienne, l’ajustement de la riposte fait suite à une série d'actions « sans précédent » et témoigne de l’optimisme prudent concernant l'efficacité de la réponse.
L’OMS s'est félicitée que dans les six jours qui ont suivi la déclaration de l’épidémie à Bikoro, un pont aérien a été mis en place pour Bikoro et un laboratoire mobile déployé pour accélérer les tests d'infection; la première équipe d'intervention de l'OMS et du Ministère congolais de la santé s'est rendue à Mbandaka, la capitale provinciale, pour y commencer à tracer des contacts  et commencer à vacciner ; et les 4.000 premières doses de vaccin ont été expédiées vers la capitale du pays, Kinshasa.

Etablissement des cordons sanitaires et campagne de vaccination

La vaccination par anneau des contacts a commencé le 21 mai. Selon le Ministre congolais de la santé, Oly Ilunga, 90% des cas déclarés du virus à Ebola ont été vaccinés dans la province de l’Équateur.
Lors d'une conférence de presse samedi 9 juin à Kinshasa, marquant un mois après la déclaration de l’épidémie, Oly Ilunga a indiqué que la vaccination et la gratuité des soins dans les sept zones de santé du territoire de Bikoro ont un eu impact positif dans le cadre de la riposte à la maladie à virus Ebola dans la province de l’Équateur.

« Ce n’est pas une vaccination des masses. C’est une vaccination qui cible les personnes qui ont été en contact avec les malades. La vaccination est un élément important pour changer l’attitude. Au départ, être en contact sans vaccination, c’est l’objet de stigmatisation, et le fait de pouvoir avoir un vaccin, faisait que les gens se présentaient volontiers comme contacts parce qu’il y avait ce bénéfice de pouvoir être protégé par la vaccination », a-t-il déclaré.
Autre mesure, pour contrer l’épidémie, la mise en place de cordons sanitaires avec des mécanismes de surveillance des mouvements de populations et de l’hygiène, de prise de température et de lavage mains.
Le premier cordon concerne Bikoro, Itipo et à Iboko ; le deuxième, la ville de Mbandaka, alors que le 3ème cercle englobe le grand Equateur, les villes de Mbandaka jusqu’à Kisangani et la ville Kinshasa.
Pour la première fois, des traitements expérimentaux ont été mis à disposition de la population pour un usage « compassionnel ». « Nous avons de nouvelles armes et en collaboration avec le gouvernement et nos partenaires, nous avons pris des mesures d'urgence pour sauver des vies. Nous resterons vigilants jusqu'à la fin de cette épidémie », a affirmé le chef de l’OMS.
L’ensemble de ces mesures auraient permis d’enregistrer moins de cas déclarés. Au 7 juin, l’on comptait un total de 59 cas d’Ebola confirmés, probables et suspects, dont 27 personnes décédées.

Passer des villes aux forêts

La première phase de la réponse à l’épidémie a notamment été axée sur la protection de la ville de Bikoro et de la ville de Mbandaka, où planait un potentiel d’augmentation exponentielle des cas, ce qui aurait pu menacé les grandes villes du pays, ainsi que les pays voisins le long du fleuve.
« La phase suivante se focalise sur la surveillance avec l’expédition d’équipes d'épidémiologistes en éventail sur des centaines de kilomètres par moto à travers les forêts tropicales reculées », a déclaré le Dr Peter Salama, directeur général adjoint à l'OMS, de retour d'une mission en RDC.

Ces équipes « œuvrent à l'identification rapide de chaque cas, le suivi des contacts et l'engagement des communautés, de la population autochtone y compris dans et autour des villages de Itipo et Iboko. Nous devons poursuivre le virus partout où il se dirige et rester agiles, réactifs et super concentrés », a ajouté le directeur général adjoint.
Avec ONU Info
 

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