Leila Zerrougui : « Les trois mois qui restent sont extrêmement importants »

La délégation du conseil de sécurité de l’ONU qui a clôturé ce week-end une visite en RDC, a été reçue samedi à Kinshasa, par les autorités congolaises. Leila Zerrougui, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC résume l’entretien entre les deux parties. Interview.

La délégation du conseil de sécurité a rencontré les autorités congolaises. Qu’est-ce que vous vous êtes dits ?

Leila Zerrougui : Le conseil de sécurité est venu voir, prendre un peu la température concernant le processus. Tout le monde est conscient et reconnait que le processus est bien avancé. Il n’y a pas de doute que les étapes les plus difficiles on les a passées mais les trois mois qui restent sont aussi extrêmement importants. Parce qu’on ne peut pas se permettre après avoir fourni tous ces efforts - les Congolais ont travaillé énormément, la population est passée par des moments difficiles - de ne pas accompagner ce processus et nous devons faire en sorte qu’on l’accompagne jusqu’au jour des élections. Jusqu’au lendemain. Il y a eu une discussion très franche, ouverte où les membres du conseil de sécurité chacun du point de vue de son gouvernement ont manifesté leurs positions mais tout le monde était unanime.

Quel message le conseil de sécurité a-t-il apporté ?

Ils sont là avec un message très clair : appuyer le processus, accompagner le processus. C’est quelque chose qu’il faut encourager. Il y a un esprit très ouvert. Nous travaillerons sur ce qui reste à faire :  rassembler les Congolais, le consensus, aller ensemble aux élections. Veiller à ce que la campagne soit un mois où tout le monde peut se sentir partie prenante.  Je vous demande vous les journalistes du fond du cœur à travailler pour que la campagne électorale soit une campagne de paix parce que vous êtes des Congolais. Vous pouvez être de la majorité ou de l’opposition, vous êtes des adversaires et pas des ennemis. Et donc, il faut que la campagne se fasse dans la paix, dans la sérénité. Et que les gens puissent apporter leurs positions, les défendent. Chacun a le droit de dire à l’autre : « Vous n’êtes pas digne de représenter le peule, c’est moi ». C’est votre pays, cet espace vous allez être ensemble après le 23, vous serez là. Il faudrait que cette campagne soit une fête. Et que chacun ait son espace, qu’il puisse dire ce qu’il a à dire et qu’il puisse gagner la confiance de la population.

Est-ce qu’il a été aussi question du départ de la MONUSCO ?

La MONUSCO, c’est normal qu’elle va partir. Est-ce qu’elle doit vivre ici éternellement ? Nous voulons que les élections se passent bien. Nous voulons qu’on avance. Et nous avons un processus qu’on appelle « la stratégie de sortie » pour travailler avec le gouvernement et faire une sortie qui sera un succès. Nous avons passé 20 ans dans votre pays. Il ne faut pas qu’on parte fâchés. Il faut qu’on parte parce que vous avez réussi, parce que vous avez la paix, parce que vous avez finalisé le processus que vous êtes en train de mener. Oui, on doit partir. Parce que si on reste, cela veut dire qu’on a échoué.

Propos recueillis par Alain Irung.

      

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