Procès meurtre des experts de l’ONU : le colonel Mambweni arrêté à Kananga

Le colonel Mambweni a été arrêté jeudi dans la soirée pour des raisons d’enquête. Il est détenu au cachot de l’auditorat militaire à Kananga. Cette arrestation est intervenue quelques heures après une nouvelle audience dans le procès du meurtre des experts de l’ONU. Au cours de cette audience, un enregistrement sonore a remis en cause les précédentes déclarations de l’officier de l’armée.

Depuis qu’il est entendu dans ce procès comme renseignant, le colonel Mambweni soutient qu’il n’a rencontré les experts que deux fois en janvier (le 30 et le 31) et une fois en mars quand Zaida Catalan et Michael Sharp avaient «apporté des biscuits aux enfants». Au sujet de cette dernière rencontre, l’officier affirmait qu’elle avait eu lieu le 9 mars, qu’elle avait été brève et qu’ils étaient tous les trois debout dans son domicile.

L’enregistrement sonore que le ministère public révèle à l’audience de jeudi établit l’existence d’une autre rencontre dont le colonel Mambweni n’avait jamais parlé jusque-là. On y entend l’officier de l’armée dire une prière avant un repas. Dans la prière, il donne même la date du jour : 10 mars 2017.

Dans l’enregistrement sonore, on s’aperçoit que le colonel Mambweni, Zaida Catalan et Michael Sharp sont en train de partager un repas tout en discutant. On distingue la voix d’une dame qui affirme vouloir entrer en contact avec la famille Kamuina Nsapu. Une voix d’homme lui répond : «Prenez ce numéro. C’est Monsieur Betu. Est-ce que je peux le prévenir ? ». «Je vous en prie», répond la dame.

Interrogé, le colonel Mambweni reconnait que la voix d’homme est bien la sienne.

Dans la suite de la conversation, l’officier de l’armée appelle Betu au téléphone :

-«Monsieur Betu, bonjour.»

-«Bonjour mon colonel.»

-«Je suis avec les experts des Nations unies. C'est M. Michel et Madame Zaida. Ils ont déjà votre numéro. Dans les minutes qui suivent, ils vont vous appeler. Restez à l’écoute».

Jusque-là, le colonel Mambweni assurait ne pas avoir mis en contact Zaida Catalan et Michael Sharp avec Betu, l’interprète qui les a accompagnés dans leur voyage vers Bunkonde.

«Pouvons-nous conclure que c’est vous qui avez mis Betu en contact avec les experts ?», demande alors le tribunal. Réponse de l’officier : «Oui».

Pressé par le ministère public de s’expliquer au sujet de «cet oubli», le colonel affirme qu’il n’a rien à cacher, ajoutant qu’il ne peut pas se rappeler de tout.

«Il y avait beaucoup d’évènements sur la ville. La milice Kamuina Nsapu s’était propagée avec une vitesse vertigineuse. Nous étions absorbés par le volume de travail. Je devais être au four et au moulin. Mambweni est un humain. Ce n’est pas un Dieu. Et donc se rappeler des détails…», explique le colonel Mambweni.

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