Lualaba : L'ONG SARW s’oppose à la présence des militaires pour garder l'entreprise Tenke Fungurume mining

L’ONG Observatoire des ressources en Afrique australe (SARW) se dit préoccupée du déploiement des Forces armées de la RDC (FARDC) pour garder le site de l’entreprise Tenke Fungurume Mining à Kisanfu. Dans un communiqué publié lundi 17 juin, son directeur des programmes, Georges Mokondu, redoute les dérapages de la part des militaires.

« Nous ne voulons pas que notre armée ait l’image des violations des droits humains », a-t-il dit.

Pour sa part, le gouverneur du Lualaba, Richard Muyej, affirme que les FARDC sont déployées sur ce site en renfort à la police.

Des bandits armés appelés « suicidaires » s'infiltrent parmi ces creuseurs. D’où l’urgence de freiner leur élan de destruction, affirme M. Muyej.

« Depuis trois mois, nous avons perdu trois policiers. Ce sont des infiltrés et sont très agressifs. Nous devons utiliser la force pour dissuader », a-t-il expliqué.

Il invite les ONG et la société civile à soutenir l’effort de sensibilisation pour que les opérations d'éloignement des creuseurs clandestins se fassent sans heurts.

Non à la délocalisation

Le gouvernement provincial de Lualala a décidé de délocaliser les creuseurs clandestins du site de TFM du village Kisanfu situé sur la nationale numéro 39. Ils sont accusés de voler des minerais dans le site d’exploitation minière de l’entreprise depuis des années.

Des accusations que réfutent ces creuseurs. Ils ont aussi refusé d’être délocalisés de ce site. Pour manifester leur mécontentement, ils sont descendus dans la rue lundi 17 juin.

Munis d’armes blanches et autres projectiles, ces creuseurs qui se comptent par milliers ont opposé une résistance farouche à la police qui rétablissait l’ordre. Ils ont par la suite barricadé la route, brûlé les pneus perturbant ainsi la circulation sur la route menant vers Kolwezi pendant plusieurs heures.

Des sources sur place à Kisanfu rapportent que pendant leur manifestation, ils ont pillé des maisons, des bistrots et autres commerces des particuliers. Et pour limiter l’action de la police, ils ont mis en avant plan des enfants utilisés comme des boucliers humains.

Le bilan de cette manifestation est mitigé. Certaines sources parlent de trois morts dont deux creuseurs et un enfant. D’autres sources parlent de deux décès parmi les creuseurs et de plusieurs blessés du côté des forces de l’ordre.

L’ONG SARW a plaidé pour que le gouvernement mette à la disposition des creuseurs clandestins chassés de différents sites, d’autres zones d’exploitation artisanale pour préserver la paix sociale.

Douze zones d’exploitation artisanale sont déjà identifiées, rétorque le gouverneur Muyej, qui ajoute que le gouvernement provincial et ses partenaires vont procéder à l'ouverture de trois d’entre elles dans les prochains jours. Les fonds sont déjà disponibles.

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