Bunia : l’administration de la justice paralysée à la suite de la grève des magistrats

Plusieurs détenus sont en situation de détention irrégulière dans les cachots et à la prison centrale de Bunia et de nombreux justiciables attendent d’être fixés sur leur sort. Cette situation est due au mouvement de grève déclenché depuis environ deux semaines dans toutes les instances judiciaires de l’Ituri, a indiqué jeudi 15 août le directeur cette prison.

Face à cette situation, l’ONG Justice Plus demande l’implication personnelle du chef de l’État pour répondre aux revendications des magistrats en vue d’une bonne administration de la justice.

Au palais de la justice de Bunia, toutes les activités sont paralysées depuis le début de la grève des magistrats, qui exigent l’amélioration de leurs conditions sociales. Au parquet, des nombreux justiciables, qui attendent les jugements, déplorent le blocage de leurs dossiers.

Aux tribunaux, les audiences sont suspendues. Et même à la prison centrale, les chambres de conseil, qui se tenaient cinq fois par semaine, ne sont plus organisées.

Un service minimum est cependant observé au niveau du parquet près le tribunal de grande instance de Bunia.

Le directeur de la prison, major Camille Nzonzi, relève plusieurs conséquences de cette grève des magistrats, notamment la détention irrégulière de nombreux détenus et la surpopulation carcérale.

«Il y a ceux qui sont placés sous mandat d’arrêt provisoire, qui est de cinq jours mais c’est prolongé maintenant à quinze. Vous voyez que ces détenus sont dans une position irrégulière. (Le problème se pose) aussi au niveau du tribunal. Si on avait fait des jugements pendant cette période, on devrait avoir des acquittés. Ceux qui seraient condamnés à moins de jours, par exemple, on devrait les libérer. Nous gardons l’effectif toujours croissant»,  explique M. Nzonzi.

Les conséquences s’accentuent car la durée de la grève n’est pas déterminée, renchérit l’ONG Justice. Elle sollicite l’implication du Chef de l’État pour répondre aux revendications de ces magistrats pour l’intérêt des milliers de justiciables. « Les magistrats aussi ont droit à un traitement digne. Si aujourd’hui, ils ne sont pas rémunérés, ils peuvent se laisser corrompre », a plaidé Me Deo Byarwanga, chargé de questions sexuelles au sein de l'ONG Justice Plus.

 

 

 

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