Lubumbashi : HRW exige des enquêtes « sérieuses » sur le soulèvement de septembre 2020 à la prison centrale de Kasapa

 

L’ONG Human Rights Watch (HRW) exige de la justice congolaise, des enquêtes sur les avertissements ignorés d’un possible soulèvement et sur les violences sexuelles de septembre 2020 à la prison centrale de Kasapa à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, dont les enquêtes seraient à ce jour, au point mort. 

C’est ce que contient le communique de cette organisation, publié ce lundi 20 septembre à Kinshasa. 

« Les autorités congolaises devraient enquêter sérieusement sur ces trois jours de déferlement de violence et de viols généralisés à la prison de Kasapa et agir afin d’en punir les responsables et d’empêcher de nouvelles défaillances su système carcéral », a déclaré Thomas Fessy, chercheur principal sur la RDC à Human Rights Watch. 

 Pendant trois jours en effet, des prisonniers ont violé à maintes reprises plusieurs dizaines de détenues, dont une adolescente. 

 Près d’un an plus tard, les victimes de viols attendent toujours de recevoir des soins médicaux et un soutien adéquat, alors qu’elles souffrent de traumatisme et de stigmatisation, a poursuivi Thomas Fessy. Sur les cinquante-six femmes et filles incarcérées dans cette prison, trente-sept femmes et une adolescente ont affirmé, dans leurs dépositions devant le procureur de la République de Lubumbashi, que des détenus les avaient violées. 

 Un incendie dans la section des femmes a contraint les détenues à se réfugier dans la cour principale de la prison pendant trois jours, sans protection, sans abri, sans nourriture ni eau et sans accès sécurisé aux toilettes. Des prisonniers ont brulé leurs affaires et ont imposé un climat de terreur. 

crainte de la stigmatisation 

 Le même communiqué poursuit que, des membres du personnel pénitentiaire, des responsables onusiens et des défenseurs locaux des droits humains ont affirmé à Human Rights Watch que la majorité des femmes détenues, peut-être même toutes, avaient été violées, mais que certaines d’entre elles ne l’ont pas signalé au procureur, par crainte de la stigmatisation associée aux agressions sexuelles. Certaines survivantes ont affirmé avoir été victimes de viols collectifs ou avoir été violées à plusieurs reprises par différents hommes au cours des trois jours de troubles. Elles ont précisé que les femmes qui résistaient étaient souvent battues ou frappées avec des objets tranchants ou des armes blanches. 

Des informations crédibles ont également fait état du viol de six hommes et garçons. 

 Le soulèvement à la prison de Kasapa, avait commencé, le 25 septembre 2020, lorsqu’un groupe de quinze prisonniers considérés « dangereux et détenus séparément des autres », a maitrisé leur unique gardien et pris d’assaut la prison. Ils ont incité les autres détenus à la violence, incendié plusieurs bâtiments et se sont rapidement emparés de la prison, provoquant la fuite du personnel, des gardiens et des forces de sécurité. 

 Pour ce responsable de Human Rights Watch, les autorités devraient fournir aux survivantes des soins médicaux et un soutien psychologique adéquats. Elles devraient enquêter de « manière crédible et impartiale » sur ces incidents, y compris sur les responsables qui ont ignoré plusieurs avertissements selon lesquels une émeute se tramait, et poursuivre en justice de manière équitable les auteurs d’abus, poursuit cette organisation, exige Human Rights Watch. Et d’affirmer que, « les mises en gardes contre un complot imminent impliquant le même groupe de détenus ont également été ignorées cinq jours avant la mutinerie et, une nouvelle fois, quelques heures avant son déclenchement ». 

Il indique notamment que, dans quatre lettres datées d’août 2020, des responsables de la prison avaient averti les autorités provinciales de l’insécurité à l’intérieur de l’établissement, et demandé le transfert d’un groupe de « détenus jugés dangereux », mais, rien n’a été fait. 

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